L’Adlam n’est pas qu’un alphabet : il représente une véritable chance pour la Guinée, à condition d’en faire une priorité nationale et d’œuvrer à sa vulgarisation.
Si certains avaient le pouvoir de décider, ils rendraient obligatoire son introduction progressive dans toutes les universités publiques du pays. Le ministre de l’Enseignement supérieur en porterait la responsabilité, et chaque recteur devrait veiller à ce qu’aucun étudiant ne décroche son diplôme sans avoir validé un cours en Adlam.
Car la situation actuelle est pour le moins paradoxale. Lors de rencontres officielles, nos dirigeants continuent de s’exprimer en français, une langue héritée de la colonisation, tandis que leurs homologues arabes ou anglophones s’expriment fièrement dans leurs langues nationales. Dans bien des cas, la Guinée est contrainte de recourir à des interprètes, signe d’une dépendance linguistique persistante et humiliante.
Or, aucun pays n’a réussi son développement en se construisant sur la langue d’autrui. L’histoire est claire : qu’il s’agisse de l’Allemagne, de la France, de l’Espagne, de la Russie, de la Chine, de l’Inde, du Japon ou encore de la Turquie, tous ont bâti leur puissance sur la valorisation de leurs langues et écritures propres.
Introduire l’Adlam dans le système éducatif guinéen ne serait pas un simple choix académique. Ce serait une véritable refondation culturelle et intellectuelle, le socle d’un développement durable fondé sur l’identité nationale.
L’écriture Adlam, fruit de l’ingéniosité africaine, est riche, structurée et porteuse d’avenir. La Guinée a aujourd’hui l’opportunité de la hisser au rang d’outil de souveraineté, à l’image des grandes nations qui ont fait de leur langue la clé de leur indépendance et de leur rayonnement.
Dr. Karamo Kaba – Écrivain, auteur et consultant






































