La politique guinéenne n’en finit pas de jongler avec les paradoxes. Officiellement, la suspension de l’Union des Forces Républicaines (UFR) aurait été levée. Mais dans les faits, rien n’a changé. Ni notification officielle, ni reconnaissance claire de la décision par le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation. Résultat : le parti de Sidya Touré campe sur ses positions et refuse de se laisser distraire par ce qu’il considère comme une manœuvre pour « amuser la galerie ».
L’UFR ne se contente pas de dénoncer une absence de formalisme. Elle met en lumière une contradiction qui illustre à elle seule l’absurdité de la situation : comment prétendre lever une suspension, tout en refusant de délivrer les documents administratifs de son leader ? Derrière ce double langage, Mouctar Kalissa, secrétaire général des jeunes du parti, voit une stratégie incohérente et dangereuse.
Et la position de l’UFR est claire : pas question de reprendre part au processus référendaire. Car au-delà de la sanction, c’est le fond même du problème qui est rejeté. « Ce recensement, aucun parti politique n’y a été associé en amont », martèle Kalissa. Pour l’UFR, y participer équivaudrait à légitimer une mascarade électorale.
Dans ce refus, il y a plus qu’une posture politique : il y a la fidélité à une ligne de conduite, celle de Sidya Touré. Le parti s’assume comme une force d’opposition résolue, quitte à subir l’érosion des effectifs militants. Kalissa le reconnaît : certains ont « cherché du miel ailleurs ». Mais ceux qui ont résisté au « piment » continuent de croire qu’il se transformera, demain, en douceur politique.
Au-delà des slogans, le constat qu’il dresse est glaçant : une transition qui s’étire sans horizon, une économie paralysée, une société qui peine à respirer. Mais dans cette nuit qu’il décrit, l’UFR trace une lueur d’espérance : « Demain, la Guinée avancera avec Sidya Touré ».
Un pari sur l’avenir, mais aussi une leçon de constance : face aux calculs politiciens, l’UFR choisit de tenir la ligne, quitte à rester seule sur le rivage.
Saliou Keita




































