Le débat autour du projet de nouvelle Constitution, soumis au référendum du 21 septembre, s’intensifie à mesure que l’échéance approche. Parmi les voix qui s’élèvent pour défendre ce texte, celle de Guillaume Hawing, ancien ministre de l’Enseignement pré-universitaire et actuel directeur du Centre national de surveillance et de police des pêches, se distingue par sa ferveur.
Lors d’une conférence de presse à Conakry, l’homme s’est mué en véritable avocat du « Oui », présentant le projet comme « la meilleure Constitution depuis 1958 » et même comme un modèle pour l’Afrique de l’Ouest. Rien de moins.
Un plaidoyer sans réserve
L’argumentaire de Guillaume Hawing est clair : la souveraineté du peuple affirmée dès l’article premier, la création de douze institutions inédites, la séparation des pouvoirs réaffirmée, la reconnaissance des langues nationales, l’abolition de la peine de mort, la gratuité de l’éducation… Autant d’innovations qu’il brandit comme preuves d’une avancée démocratique majeure. Pour lui, ce texte n’est pas seulement une réforme institutionnelle ; il est la promesse d’un nouvel équilibre républicain.
Entre conviction et pari politique
Mais derrière cette défense passionnée, une question demeure : la ferveur de Guillaume Hawing reflète-t-elle une conviction personnelle ou bien l’alignement stratégique sur un projet présidentiel qu’il veut voir triompher ? À écouter ses mots – « le Oui va l’emporter, un Oui écrasant sortira des urnes » – on comprend qu’il ne laisse aucune place au doute. Pourtant, la démocratie, elle, se nourrit du débat contradictoire.
Un référendum aux allures de test
À travers son intervention, M. Hawing illustre l’enjeu du scrutin du 21 septembre : ce référendum ne sera pas seulement un exercice de vote, mais un test grandeur nature de la capacité des Guinéens à se réconcilier avec leur histoire constitutionnelle, souvent marquée par la défiance et les ruptures.
Guillaume Hawing a choisi son camp : celui du « Oui » sans réserve. Mais au-delà des slogans et des convictions individuelles, c’est dans l’isoloir que se jouera l’avenir du texte. Et, peut-être, celui de l’équilibre politique que le pays cherche depuis plus de six décennies.
Marliatou Sall




































