À quelques jours du référendum constitutionnel prévu le 21 septembre, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’apprête à envoyer une mission en Guinée. Mais cette démarche ne suscite guère d’enthousiasme du côté du président du Bloc Libéral (BL), Dr Faya Lansana Millimouno.
Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi 18 septembre 2025 à Conakry, l’opposant s’est montré particulièrement critique envers l’organisation sous-régionale, qu’il accuse d’avoir perdu toute crédibilité face aux dérives démocratiques en Afrique de l’Ouest.
« Pour ma part, la CEDEAO s’est tellement affaiblie qu’évoquer même son nom soulève le désespoir », a-t-il lancé.
Évoquant le passé récent, Dr Millimouno rappelle que la CEDEAO n’avait pas su empêcher le troisième mandat de l’ancien président Alpha Condé. « Nous avions mis tous les espoirs en cette juridiction pour stopper Alpha. Ils n’ont absolument rien fait. Résultat : un troisième mandat imposé, une crise politique majeure et, en 2021, un coup d’État militaire », a-t-il dénoncé.
Selon lui, la mission attendue à Conakry ne sera rien de plus qu’un « voyage » inutile, dont le financement pèsera une fois encore sur les populations. « C’est le financement de ces voyages qui empêche nos populations d’avoir des ponts, des écoles, des hôpitaux », a-t-il fustigé.
Revenant sur la récente création de l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, Dr Faya Millimouno a souligné que cette rupture fragilise encore davantage la CEDEAO. « La moitié du territoire de la CEDEAO s’est scindée. La superficie de ces trois pays dépasse celle du reste de l’organisation », a-t-il fait remarquer, avant d’inviter les chefs d’État ouest-africains à « repenser complètement cette institution ».
Marliatou Sall






































