En ce 2 octobre 2025, la Guinée a célébré son 67ᵉ anniversaire d’indépendance. Pas de parade militaire ni de faste démesuré cette fois-ci, mais une cérémonie sobre à la Place des Martyrs, où le général Mamadi Doumbouya est venu déposer une gerbe de fleurs en hommage aux figures qui ont écrit, dans le sang et la dignité, la première page de la souveraineté nationale.
Ce geste, solennel mais mesuré, en dit long. D’un côté, il s’agit d’un rappel nécessaire : sans les sacrifices de 1958, il n’y aurait pas de Guinée indépendante à célébrer. De l’autre, il illustre une volonté de se placer dans la continuité de cet héritage, au moment où le pays traverse une nouvelle transition historique.
Car au-delà du symbole, la présence du chef de l’État et de son épouse, vêtus de blanc, devant les tombes des martyrs pose une question : comment honorer réellement ces pionniers de la liberté ? Par des fleurs et des cérémonies, ou par des actes concrets qui prolongent leur combat pour une Guinée souveraine, juste et démocratique ?
La sobriété de cette commémoration tranche avec les fastes des années passées. Mais elle reflète aussi une réalité : le pays est encore en quête de cap, au bord d’élections promises mais entourées d’incertitudes. Honorer les pères fondateurs, c’est aussi s’inspirer de leur courage pour construire un avenir crédible, loin des manipulations institutionnelles et des faux-semblants démocratiques.
Soixante-sept ans après 1958, la gerbe de fleurs déposée par Mamadi Doumbouya vaut comme un signe de respect. Mais elle appelle surtout à une exigence : celle de transformer la mémoire en action, et le souvenir en responsabilité. Les pères fondateurs nous ont légué l’indépendance. Reste à savoir si la génération actuelle saura, enfin, lui donner tout son sens.
Alpha Amadou Diallo





































