Conakry, 2 octobre 2025 – Alors que la Guinée célébrait le 67ᵉ anniversaire de son indépendance, l’ombre du prochain scrutin présidentiel planait sur les festivités. Depuis la place des Martyrs, le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Ibrahima Kalil Condé, a voulu rassurer. Selon lui, tout est fin prêt pour l’échéance du 28 décembre.
« Les moyens sont à notre disposition. On ne veut pas faire de bruit inutile. Quand les kits d’enrôlement sont arrivés à l’aéroport de Conakry, j’ai fait un communiqué. Tous les moyens sont déjà là pour organiser l’élection présidentielle », a-t-il lancé devant la presse, sous le regard d’une foule attentive.
Le ministre a insisté sur l’existence d’un fichier électoral qu’il qualifie de fiable et inédit dans l’histoire politique du pays : « Nous avons 6,7 millions de citoyens enrôlés. Chacun a sa carte avec un numéro personnel d’identification. »
Des garanties… mais un vide qui persiste
Ces annonces traduisent un progrès certain sur le plan logistique et technique. Mais derrière le discours rassurant, une autre réalité s’impose : l’organe censé piloter légalement les élections n’existe toujours pas.
Le 26 septembre dernier, le Conseil national de la transition (CNT) a adopté un nouveau Code électoral, rapidement promulgué. Il prévoit la création de l’Organe technique indépendant de gestion des élections (Otige), composé d’un Conseil national électoral (CNE) et d’une Direction nationale électorale (DNE). Ces structures devraient avoir des représentations jusque dans les communes rurales et urbaines.
Pourtant, à moins de trois mois du scrutin, aucune de ces instances n’a encore vu le jour.
Le spectre d’un retour à l’ancien système
Face à cette absence, des voix redoutent un recours provisoire à la Direction générale des élections (DGE), un service administratif sous tutelle du ministère, ainsi qu’à l’Observatoire national de supervision du référendum (ONASUR).
Un scénario qui irait à l’encontre de la nouvelle Constitution, laquelle exige la mise en place d’un organe électoral indépendant, garant de la crédibilité du scrutin.
Ainsi, entre promesses d’organisation matérielle et incertitudes institutionnelles, la route vers la présidentielle du 28 décembre reste semée d’interrogations.
Sibé Fofana




































