Soixante-sept ans après le « Non » historique de 1958, la Guinée s’interroge toujours sur son destin. Ce 2 octobre, alors que le pays célébrait son indépendance, l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo a livré un message qui sonne autant comme un hommage que comme un avertissement.
En qualifiant cette journée de « mémoire » et « d’espérance », il a voulu rappeler que l’indépendance guinéenne ne fut pas seulement un acte fondateur pour la Nation, mais aussi une contribution majeure à la libération du continent africain. Derrière ses mots, une évidence : l’héritage de 1958 oblige encore.
Un appel au sursaut national
L’hommage rendu aux pionniers de l’indépendance, aux diplomates et aux soldats guinéens est une manière de rappeler que la Guinée a su, par le passé, assumer son rôle de phare. Mais la référence constante à l’unité trahit aussi une inquiétude. Car le pays, aujourd’hui, vit dans un climat de méfiance et de crispation politique.
« Je sais vos craintes actuelles », a-t-il lancé, évoquant chômage, injustice, répression et peur de perdre ses libertés. Ces mots résonnent comme une critique voilée du régime en place.
L’indépendance, une promesse inachevée
En filigrane, le message de Cellou Dalein est clair : l’indépendance de 1958 n’aura de sens que si elle se traduit en liberté réelle, en justice sociale et en prospérité partagée. C’est cette « espérance » qu’il appelle à raviver, face à une transition qui peine à convaincre et à rassurer.
Un édito qui sonne comme un défi
En s’adressant directement aux Guinéens, le leader politique ne se contente pas de commémorer une date. Il se positionne une fois encore comme la voix de l’alternative, celle qui refuse la résignation et croit toujours possible un avenir meilleur.
L’histoire retiendra peut-être que, ce 67ᵉ anniversaire, le souvenir de 1958 a servi non seulement à célébrer la dignité passée, mais aussi à exiger une dignité présente.
Amadou Diallo






































