La mémoire historique guinéenne s’enrichit d’un nouvel ouvrage. Ce samedi 4 octobre 2025, à la Maison commune des journalistes de Conakry, l’écrivain et documentariste Paul Théa a présenté son livre intitulé « La Traite Négrière au Rio Pongo ».
À travers cet ouvrage de 217 pages, l’auteur explore le paysage physique et humain du Rio Pongo, région jadis théâtre d’un commerce humain tragique qui a profondément marqué l’histoire de la Guinée et de l’Afrique de l’Ouest.
Revenant sur la genèse de son œuvre, Paul Théa a dénoncé les rôles des négriers européens, tout en évoquant la complicité de certains chefs traditionnels et royaumes africains dans ce sombre épisode.
« C’est une réalité douloureuse, mais que nous devons reconnaître, car c’est notre histoire. Il y a eu une certaine complicité africaine dans cette période que nous regrettons. Ce livre nous promène à travers les zones lugubres des côtes africaines », a-t-il confié.
L’auteur a également lancé un appel à la prise de conscience collective, encourageant les recherches généalogiques parmi les Afro-descendants afin de reconnecter les mémoires dispersées et mieux transmettre cette histoire commune.
Selon lui, il est temps de réhabiliter les sites négriers de Guinée, souvent ignorés au profit d’autres lieux plus médiatisés comme l’île de Gorée au Sénégal.
« Les îles de Los, par exemple, ont vu partir plus d’esclaves que Gorée. Beaucoup d’esclaves ont été capturés dans la région de Boké pour être déportés vers les Amériques et les Caraïbes, notamment au Brésil. Ici, certaines familles portent encore des noms comme Lightburn, Curtis, Williams ou Gomez, sans savoir d’où ils viennent. Ce mélange culturel fait partie de notre identité, et c’est aussi ce que je veux montrer à travers ce livre », a expliqué Paul Théa.
À travers cette œuvre, l’écrivain souhaite valoriser les sites historiques guinéens liés à la traite négrière et en faire des espaces de mémoire et de réconciliation, où les Afro-descendants pourront venir découvrir leurs origines.
En marge de la cérémonie, Paul Théa a offert un Ballon d’or symbolique à un ancien joueur du Hafia FC des années 1970, en signe de reconnaissance pour son parcours sportif. Le geste, salué par l’assistance, a ajouté une touche de convivialité à cette rencontre placée sous le signe de la mémoire et du partage.
Marliatou Sall






































