Devant ses militants réunis à Kipé ce dimanche 12 octobre, Mory Kaba, président du parti Avenir d’une Guinée Nouvelle (AGN), a officiellement annoncé ses ambitions pour la présidentielle du 28 décembre 2025. Dans un discours teinté de patriotisme et de défi, il plaide pour une élection inclusive et dévoile les grands axes de son programme centré sur l’industrialisation et la souveraineté économique.
Sous un soleil d’automne encore ardent, les militants de l’AGN se sont massés au siège du parti à Kipé, brandissant banderoles et pancartes à l’effigie de leur leader. Mory Kaba, avec un ton assuré, a pris la parole devant une foule attentive, pour affirmer sans détour ses ambitions : « Je suis né pour diriger la République de Guinée. »
L’homme, à la tête du parti Avenir d’une Guinée Nouvelle, s’exprimait sur la prochaine élection présidentielle prévue le 28 décembre 2025. Face à la presse, il a également réagi à la suspension de deux poids lourds de la scène politique, l’UFDG et le RPG, à quelques mois du scrutin.
« Il serait mieux d’inclure les Guinéens de tout âge ayant la possibilité de participer à ces élections. Il faut laisser au peuple le choix de désigner ceux qu’il considère aptes à diriger le pays. Je ne suis pas pour l’exclusion, mais pour une élection présidentielle inclusive », a-t-il déclaré.
Cependant, Mory Kaba reste prudent quant à la participation de son parti. « C’est un facteur qui dépendra de la candidature du Général Mamadi Doumbouya », a-t-il précisé, estimant que la présence ou non du chef de l’État actuel déterminera la position de l’AGN dans la course.
Un programme tourné vers l’industrialisation et la souveraineté
Le leader de l’AGN a profité de cette rencontre pour exposer les grandes lignes de son programme de société. Pour lui, la Guinée doit amorcer une véritable transformation économique fondée sur l’industrialisation et la maîtrise de ses ressources.
« Un pays qui veut se développer doit être un pays protecteur. La Guinée, avec toutes ses richesses agricoles et minières, doit planifier son avenir. Nous pensons à une politique de nationalisation partielle de certains moyens de production, notamment dans le secteur de l’or, où l’État doit posséder ses propres raffineries », a-t-il expliqué.
Mory Kaba promet également de renforcer la mobilisation des recettes publiques pour atteindre 50 millions de dollars sur cinq ans, afin de financer une vision pluriannuelle de développement.
Il critique par ailleurs la dépendance du pays à des politiques macroéconomiques « souvent déconnectées des réalités locales » et propose de recentrer la stratégie sur la microéconomie, « en tenant compte des besoins vitaux de la population ».
« Ce qui compte, c’est le revenu par tête d’habitant. Nous devons bâtir une croissance endogène, basée sur nos propres forces », a-t-il insisté.
Des promesses concrètes : salaires, énergie et télécommunications
Dans son projet, Mory Kaba promet de revaloriser les salaires des fonctionnaires à hauteur de 800 dollars mensuels, soit environ 8 millions de francs guinéens. Sur le plan énergétique, il mise sur les centrales thermiques pour pallier les déficits récurrents d’électricité.
Enfin, dans le domaine des télécommunications, il annonce vouloir relancer la SOTELGUI, l’ancienne société nationale, grâce à un budget de 100 millions de dollars.
L’air confiant, Mory Kaba conclut son discours sur une note d’espoir :
« L’avenir d’une Guinée nouvelle est entre nos mains. Nous avons les ressources, nous avons le peuple, il nous faut désormais la volonté. »
Marliatou Sall






































