La Guinée vient de perdre l’un de ses repères moraux et spirituels. Le décès d’Elhadj Mamoudou Camara, Kountigui de la Basse-Guinée, survenu ce lundi 27 octobre à Conakry, laisse derrière lui un vide immense, bien au-delà de sa région d’origine. Dans un pays où les figures de rassemblement se font rares, sa disparition sonne comme la fin d’une époque.
Parmi les premières réactions à saluer la mémoire du défunt, celle de l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo a particulièrement retenu l’attention. Le leader de l’UFDG a exprimé sa “profonde tristesse” face à la disparition d’un homme dont “la sagesse et la bienveillance ont marqué de nombreux compatriotes”. Il a rappelé combien Elhadj Mamoudou Camara incarnait l’équilibre, le dialogue et la paix dans une Guinée souvent secouée par les divisions.
“Par son engagement constant en faveur de la cohésion et de la paix, il a toujours contribué à préserver l’unité de notre Nation dans des moments souvent difficiles”, a témoigné M. Diallo, avant d’adresser ses condoléances à la famille du défunt et à l’ensemble du peuple guinéen.
Au-delà des mots, c’est tout un symbole qui s’en va : celui d’un patriarche écouté, d’un arbitre moral capable de rappeler aux uns et aux autres la valeur du vivre-ensemble. Dans un contexte politique marqué par les fractures identitaires et la méfiance, la disparition du Kountigui de la Basse-Guinée sonne comme un rappel douloureux : la Guinée a besoin de sages, de passeurs de paix, de voix apaisantes.
Elhadj Mamoudou Camara emporte avec lui une part de la mémoire collective, mais laisse en héritage un message que beaucoup espèrent voir perdurer — celui d’une Guinée unie, respectueuse de sa diversité et fidèle à ses valeurs spirituelles.
Sibé Fofana






































