Édito :
Ce jeudi 30 octobre 2025, la ville de Mamou n’a pas seulement vibré — elle a parlé. D’une seule voix, d’un seul élan, cette cité-carrefour au cœur du pays a offert le visage d’une Guinée rassemblée autour d’un nom : celui du Général Mamadi Doumbouya.
Dès les premières heures du jour, la Maison des Jeunes s’est muée en épicentre d’une mobilisation hors norme. Les rues étaient bondées, les activités suspendues, les marchés silencieux… Mamou s’est arrêtée pour manifester. Mais au-delà de la foule, c’est un symbole qui s’est imposé : celui d’une adhésion populaire, spontanée ou orchestrée, à la figure du chef de l’État.
Sous les chants, les slogans et les drapeaux, une conviction transparaissait : celle d’un peuple qui, après des années de désillusion politique, croit voir en Doumbouya l’homme de la stabilité et du renouveau. « L’espoir d’un nouveau départ pour la Guinée », disaient certaines pancartes.
Les 28 quartiers de la commune urbaine et les 13 sous-préfectures avoisinantes ont répondu présent. Élèves, commerçants, fonctionnaires, femmes et jeunes — tous réunis dans une ferveur quasi patriotique — ont fait de cette journée un moment d’histoire locale. Même les autorités administratives et sécuritaires ont tenu à marquer leur présence, signe d’une adhésion institutionnelle qui dépasse les clivages.
Mais derrière cette marée humaine, une question s’impose : s’agit-il d’une simple démonstration de loyauté, ou d’un véritable plébiscite citoyen ? Mamou, à travers cette mobilisation, a sans doute voulu envoyer un message à la classe politique : la Guinée ne veut plus de ruptures ni d’aventures incertaines. Elle réclame la continuité, la stabilité, la poursuite d’un projet national amorcé sous le signe de la refondation.
En se rassemblant ainsi, la population de Mamou a exprimé une aspiration collective — celle d’un pays fatigué des transitions à répétition, mais avide d’un avenir maîtrisé. Reste à savoir si cette ferveur locale préfigure un mouvement national ou s’il ne s’agit que d’une onde de circonstance, portée par l’appareil du pouvoir.
Quoi qu’il en soit, le message est clair : à Mamou, on a choisi de croire. Croire en un homme, en un projet, ou peut-être simplement en la promesse d’un lendemain plus sûr. Dans un pays où la politique a trop souvent divisé, cette journée restera comme celle où une ville entière a voulu se lever — non pour contester, mais pour continuer.
Sibé Fofana






































