Chronique – Quand la Guinée se découvre un destin numérique
Conakry a longtemps été le théâtre de rendez-vous politiques brûlants, de crises à répétition et d’espoirs suspendus. Mais ce jeudi 13 novembre, la capitale guinéenne a changé de décor : projecteurs braqués, badge autour du cou, Afrique connectée en ligne de mire. À la 2ᵉ journée du Transform Africa Summit 2025 (TAS), accueillie pour la première fois par la Guinée, le Premier ministre Bah Oury n’a pas seulement pris la parole. Il a livré une profession de foi.
Face à un parterre international habitué aux capitales vitrines du continent, le chef du gouvernement a joué cartes sur table : la transition veut transformer la Guinée, et elle veut le faire maintenant. Le numérique, l’éducation, la jeunesse — trois mots, trois chantiers, trois engagements posés comme les colonnes vertébrales d’un pays qui aspire enfin à rompre avec le fatalisme.
« Aujourd’hui, au Transform Africa Summit 2025 à Conakry, j’ai réaffirmé notre ambition pour le numérique, l’éducation et la jeunesse guinéenne », déclare-t-il, avec une assurance qui se veut plus performative que protocolaire.
Il faut dire que les doutes étaient nombreux. Conakry saurait-elle faire aussi bien que Kigali, hôte emblématique du TAS ? Saurait-elle tenir le choc logistique, symbolique, diplomatique ? Bah Oury ne se cache pas : oui, ces questions ont circulé. Et pourtant, son message se veut clair, presque triomphant :
« Oui, nous le pouvons. La première balle a été tirée, et le but a été marqué. »
Il y a, dans cette métaphore sportive, quelque chose de la revanche d’un pays trop souvent relégué sur le banc de touche. Conakry n’a peut-être pas les gratte-ciels rwandais, mais elle a prouvé qu’elle pouvait rassembler, organiser, surprendre — et surtout exister dans la grande conversation technologique africaine.
Mais la véritable promesse de ce discours se trouve ailleurs : dans ce pari assumé sur le capital humain. « La Guinée est un pays jeune, porté par des talents immenses… Dans deux ans, cette énergie explosera », affirme le Premier ministre, presque comme on annonce un décollage imminent.
Reste désormais à transformer l’élan du sommet en politique réelle, en investissements tangibles, en opportunités palpables. La transition veut inscrire la Guinée dans la modernité. Les mots sont posés, l’ambition est affichée.
Le match, lui, ne fait que commencer.
Algassimou L Diallo





































