Pendant deux jours, dans un hôtel de Conakry, la CEDEAO a organisé une session de formation à l’intention de plusieurs journalistes guinéens. L’objectif : renforcer leurs capacités face à la désinformation, un défi devenu majeur à l’approche de l’élection présidentielle du 28 décembre.
La formation, largement suivie par les médias publics et privés, a été marquée par la présence du secrétaire général du Syndicat de la Presse Privée de Guinée (SPPG), Sékou Jamal Pendessa. Celui-ci a salué l’initiative, rappelant l’urgence de doter les professionnels des médias d’outils efficaces pour lutter contre les fausses informations.
« Cette formation est très importante pour les journalistes. Nous sommes envahis par la désinformation, surtout sur les réseaux sociaux. Si les journalistes ne disposent pas des outils pour détecter et contrer les fausses informations, notre métier perdra son sens. Il faut s’adapter à l’évolution du monde », a déclaré Pendessa.
Abordant le contexte pré-électoral, il a souligné l’ampleur des risques : « L’élection présidentielle est prévue le 28 décembre. C’est une période fertile en campagnes de désinformation. Il faut outiller les journalistes, mais aussi créer un environnement propice à l’exercice du métier. Il ne faut pas se limiter à courir derrière l’actualité : il faut pouvoir mener des enquêtes, faire du Fact-checking (séparer le vrai du faux) et analyser les discours publics. »
Le syndicaliste a également évoqué les obstacles auxquels les journalistes sont confrontés, notamment les pressions judiciaires, exécutives ou sécuritaires : « Lorsqu’un journaliste fait des révélations sur les pouvoirs publics, il peut être inquiété. Dans un contexte politique tendu, cela devient encore plus compliqué. C’est pourquoi nous appelons l’État à garantir la liberté de la presse et à protéger les journalistes. »
Pendessa invite enfin les acteurs de la société civile à assumer pleinement leur rôle : « Ils doivent sensibiliser leurs militants et rappeler que les journalistes travaillent pour éclairer les citoyens. Sans une presse libre, la campagne se déroulera dans l’obscurité et les électeurs ne pourront pas faire un choix éclairé. »
Le secrétaire général du SPPG appelle ainsi à davantage de responsabilité, tant du côté des autorités que de celui des professionnels des médias.
Fatimatou Diallo






































