Édito. En lançant officiellement les travaux de reconstruction de la RN5, ce tronçon vital de 135 kilomètres reliant Mamou à Labé, le Premier ministre Amadou Oury Bah n’a pas seulement posé la première pierre d’un chantier routier. Il a surtout réaffirmé une ambition nationale : celle d’une Guinée qui se reconstruit par ses infrastructures, et qui se relève par la cohésion territoriale.
Au nom du Président Mamadi Doumbouya, le Chef du Gouvernement a fait de ce moment une démonstration de ce que veut incarner la vision Simandou 2040 : un pays plus moderne, plus compétitif, plus équilibré. Une Guinée où la route devient autant un symbole politique qu’un outil économique.
Autour de lui, les discours ont sonné comme un chœur en faveur du développement. Le Gouverneur de Labé, Colonel Robert Soumah, a rappelé ce que la RN5 représente pour des milliers de familles : un souffle nouveau pour une région souvent pénalisée par l’enclavement. De Garambé, Abdourahamane Sow a porté la voix des communautés, exprimant un soulagement palpable : la route n’est pas un luxe, mais un droit.
Les partenaires techniques, à l’image de l’entreprise Henan Chine, ont eux aussi affiché leur engagement, conscients du rôle stratégique de ce chantier dans la dynamique nationale. Quant au ministre des Infrastructures, Laye Sékou Camara, il a tenté de rassurer : accompagnement des riverains, indemnisations respectées, intégration des jeunes au chantier… le gouvernement dit vouloir faire les choses autrement.
Mais c’est dans les mots du Premier ministre que se lit le véritable sens politique du projet : « Là où la route passe, la pauvreté recule. » Une phrase qui sonne comme une profession de foi. Dans un pays où chaque kilomètre goudronné change la vie des populations, la route reste un outil de justice sociale.
En réalité, ce lancement dépasse le simple aménagement d’un axe routier. Il s’inscrit dans un récit plus large : celui d’un État qui veut rééquilibrer les territoires, fluidifier les échanges, et accélérer le développement économique. Avec la RN5, le gouvernement veut prouver qu’il tient son cap : celui d’une Guinée du Simandou 2040, résolument tournée vers l’avenir.
Reste désormais à transformer l’annonce en réalité, et la promesse en bitume durable. Car c’est sur le terrain, au rythme des engins et sous le regard des populations, que se jouera la crédibilité de ce pari ambitieux.
Moussa Aziz Camara






































