Reportage. Lambanyi, mercredi 30 novembre 2025
Le soleil déclinait sur Lambanyi lorsque la cour du siège national du Bloc Libéral s’est transformée en une véritable marée humaine. Chants, danses, sifflets, portraits brandis : l’ambiance était électrique ce mercredi, à l’occasion du lancement officiel de la campagne de Dr Faya Lansana Millimouno. Claquant à travers la foule, son slogan « Rompre et Bâtir » annonçait les couleurs d’un projet politique centré sur une rupture économique majeure.
Entre 18h et 19h, porté par une clameur qui ne faiblissait pas, le candidat a fait face à ses militants, le visage ferme, la voix posée. Après avoir dénoncé les crises morales et institutionnelles du pays, il a plongé au cœur d’un thème qui a immédiatement électrisé l’assistance : la transformation du tissu économique guinéen.
« Notre sol est riche, mais notre peuple est pauvre »
Faya Millimouno a d’abord décrit un paradoxe que « la Nouvelle Guinée » ambitionne de briser : un pays doté de 13 millions d’hectares de terres cultivables, dont seule la moitié est exploitée, tandis que la majorité des agriculteurs vit dans la précarité.
Sous les acclamations, il dévoile sa solution phare :
un réseau national de coopératives agricoles subventionnées, baptisé « Une Coopérative, Une Autosuffisance ».
Ces structures, implantées dans chaque communauté, auraient pour mission de fournir :
- semences améliorées,
- engrais,
- machines agricoles,
- accès au crédit,
- prix de vente garantis.
Objectif : faire passer la Guinée d’une agriculture de subsistance à une agriculture de prospérité, avec au moins 35 % de femmes et 35,2 % de jeunes bénéficiaires.
« La Guinée doit d’abord se nourrir elle-même. La richesse du sol doit enfin se retrouver dans nos marmites », martèle-t-il.
Le financement proviendrait d’un Fonds de Garantie Agricole, alimenté par une taxe sur l’exportation des minerais bruts.
La jeunesse au centre : une “Bourse Sociale de l’Entrepreneuriat”
Le second grand chantier présenté par le candidat a réveillé un enthousiasme palpable dans les rangs de jeunes présents.
« La vraie richesse de la Guinée, c’est son énergie. Pas ses mines », lance-t-il.
Pour « libérer cette énergie », il promet la création de la Bourse Sociale de l’Entrepreneuriat, un mécanisme inédit qui offrirait à tout jeune de 20 à 35 ans une subvention non remboursable pour lancer son entreprise, dès lors que son idée est jugée viable.
« Ce n’est pas un prêt, c’est un investissement de la nation dans votre génie », insiste-t-il, déclenchant un tonnerre d’applaudissements.
Les ambitions annoncées sont larges :
- détecter les talents,
- les former,
- les financer,
- accompagner la création de PME, fermes modernes, ateliers ou start-up technologiques.
Une vision illustrée par des images fortes
Pour faire vibrer son message, Faya Millimouno multiplie les images parlantes :
- un jeune désœuvré hier, devenu chef d’entreprise aujourd’hui ;
- une coopérative agricole transformant un village en pôle économique ;
- une famille recevant les clés de son “Malando”, un logement digne ;
- un enseignant respecté, fier d’ouvrir l’avenir à ses élèves.
« Le changement n’est plus une prière. Il est là, à portée de main », conclut-il, voix portée par une foule chauffée à blanc.
Un financement assumé
La mise en œuvre de la Bourse Sociale s’appuierait sur une Caisse de l’Innovation et de la Jeunesse, alimentée par une contribution solidaire de 1 % sur les très grandes entreprises opérant en Guinée.
Une foule conquise, un message clair
À mesure que le candidat quittait la scène, silhouettes des militants continuant d’onduler sous…, une impression dominait : ce soir, Faya Millimouno a voulu plus qu’un discours. Il a voulu un récit. Celui d’un pays qui, enfin, transforme son sol en richesse et sa jeunesse en moteur économique.
Reste maintenant à convaincre au-delà de Lambanyi : que cette “Nouvelle Guinée” est plus qu’une promesse électorale, mais un horizon possible.
Amadou Diallo




































