Ce jeudi 4 décembre 2025, le Palais du Peuple a cessé de n’être qu’un symbole républicain pour devenir un lieu de recueillement national. Sous ses hautes voûtes, baignées d’un silence rare, la Guinée a rendu hommage à Elhadj Abdoulaye Sow, l’une des consciences les plus respectées du mouvement syndical, ancien secrétaire général de l’USTG et de la FESABAG, disparu le 2 décembre dernier.
Ce n’était pas seulement une cérémonie : c’était un moment d’unité. Membres du CNRD, ministres, gouverneur de la Banque centrale, responsables syndicaux, banquiers, collègues, amis et anonymes… Tous se sont levés, ensemble, pour saluer celui qui n’a jamais cessé de défendre les travailleurs, parfois contre les pouvoirs, toujours au nom de la justice. La diversité de cette assemblée disait tout : Abdoulaye Sow appartenait à la Guinée entière.
Les témoignages se sont succédé, empreints d’une émotion qui peinait à se contenir. On parlait de lui comme d’un combattant infatigable, d’un médiateur respecté, d’un homme capable d’apaiser un conflit par la seule force de sa parole. Les larmes, les regrets et même certains silences avaient un sens : celui d’une perte immense, tant pour le monde syndical que pour le pays.
Elhadj Abdoulaye Sow, lui, n’a jamais cherché la lumière. Mais sa rigueur, sa droiture, son exigence morale ont fini par éclairer ceux qui, aujourd’hui, saluent sa mémoire. Dans un contexte national souvent fracturé, il fut l’un de ces rares acteurs capables de créer des ponts là où d’autres dressaient des murs.
Ces ultimes hommages au Palais du Peuple précèdent son inhumation prévue ce vendredi à Dalaba, sa terre natale. Là où reposent les grands, la Guinée confiera à la terre celui qui, jusqu’au bout, aura porté la voix des sans-voix.
Abdoulaye Sow n’est plus, mais son combat demeure. Une page se tourne, une conscience reste.
Abdoul Chaolis Diallo






































