À moins de trois semaines de la présidentielle du 28 décembre, la tension politique monte encore en Guinée. Alors que le président de la transition, Mamadi Doumbouya, affrontera huit candidats, l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) confirme qu’elle ne participera pas au scrutin. Son leader, Cellou Dalein Diallo, en exil, rejette catégoriquement le processus, qu’il qualifie de « mascarade » destinée à offrir une légitimité artificielle au chef de la junte arrivé au pouvoir en septembre 2021.
Dans une déclaration ferme, l’opposant estime qu’aucune élection libre et crédible ne peut être organisée « par une administration entièrement contrôlée par le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) », dans un contexte où se multiplient, selon lui, « les disparitions de voix critiques du pouvoir ». Il appelle ainsi les Guinéens à « s’abstenir » de participer à une élection dont les résultats seraient « connus d’avance ».
« On nous annonce des élections. Mais je vous le dis avec clarté : il n’y aura pas d’élection. Il y aura une mascarade électorale dont l’unique objectif est de donner un semblant de légitimité à la confiscation programmée du pouvoir par Mamadi Doumbouya, en violation de son serment », déclare-t-il.
L’UFDG, insiste son président, « ne participera pas à cette mascarade, ni directement ni indirectement. Elle ne soutiendra aucun candidat qui prend part à ce deuxième coup d’État orchestré contre le peuple de Guinée et sa souveraineté ».
Pour Cellou Dalein Diallo, le refus de participer n’est pas un retrait du champ politique : « Refuser de participer, ce n’est pas fuir le combat, c’est défendre la République et ses valeurs », affirme-t-il. Il dit vouloir protéger « le droit du peuple de Guinée de choisir librement ses dirigeants à travers des élections inclusives, libres et transparentes ».
À l’approche du scrutin, cette prise de position radicale confirme l’ampleur des divisions autour du processus électoral.
Sibé Fofana




































