En Guinée, le secret du vote n’est plus une option, mais une ligne rouge. À l’approche des prochains scrutins, la Direction générale des élections (DGE) a décidé de trancher net : aucun électeur ne sera désormais autorisé à entrer dans l’isoloir avec un téléphone portable. Une mesure annoncée ce jeudi 11 décembre 2025, qui sonne comme une réponse ferme aux dérives observées lors du référendum du 21 septembre dernier.
Ce jour-là, des bulletins de vote avaient été photographiés puis diffusés sur les réseaux sociaux, parfois assortis de commentaires provocateurs. Un geste en apparence banal, mais lourd de conséquences, qui a mis à mal le principe fondamental du scrutin secret et semé le doute sur la sincérité du processus électoral. Pour la DGE, il fallait agir.
« Pour l’élection présidentielle comme pour toutes les autres élections en Guinée, il est interdit aux électeurs d’entrer avec un téléphone dans l’isoloir », a martelé Mohamed Ali Condé, conseiller juridique de l’institution. Désormais, chaque électeur devra déposer son téléphone auprès des membres du bureau de vote avant de glisser son bulletin dans l’urne. La consigne, déjà transmise à l’ensemble des démembrements de la DGE, se veut claire et sans ambiguïté.
Reste à savoir si cette décision suffira à restaurer la confiance dans un processus électoral souvent contesté. Car au-delà des téléphones confisqués à l’entrée de l’isoloir, c’est la crédibilité du scrutin qui est en jeu. La pédagogie, tout comme la fermeté dans l’application de la règle, seront déterminantes.
Ces précisions ont été apportées lors d’une session de formation organisée à Conakry à l’intention des journalistes, visant à vulgariser le nouveau cadre juridique électoral. Une manière, aussi, de rappeler que la transparence des élections commence par le respect scrupuleux de leurs règles les plus élémentaires.
Amadou Diallo





































