Dans le sillage des réformes engagées sous la transition, la Direction générale des Élections (DGE) a procédé à la remise de gilets et de t-shirts aux officiers de l’Office national de l’état civil et de l’identification (ONECI). Un geste symbolique mais révélateur d’un chantier stratégique : faire de l’état civil modernisé et digitalisé le socle d’un fichier électoral fiable, continu et débarrassé des crises récurrentes.
Cette cérémonie s’est tenue à l’initiative de l’Office national de l’état civil et de l’identification (ONECI).
Prenant la parole, la Directrice générale des Élections (DGE), Mme Zenabou Touré, a salué les avancées significatives enregistrées depuis l’avènement du général Mamadi Doumbouya à la tête du pays, notamment en matière de digitalisation et de modernisation de l’état civil. Elle a rappelé l’adoption de deux lois majeures et structurantes : l’une relative à l’identification des personnes physiques, l’autre portant sur l’état civil.
Selon Mme Zenabou Touré, le Programme national de recensement administratif à vocation d’état civil (PN-RAVEC) a permis la mise en place du Registre national des personnes physiques (RNPP), qui recense aujourd’hui près de 10 millions de personnes, dont environ 6,7 millions d’électeurs. Une avancée majeure, a-t-elle souligné, destinée à mettre un terme aux crises récurrentes liées aux opérations de recensement électoral, souvent marquées par des tensions sociales, des dégâts matériels et une perte de confiance des citoyens.
« Tous les rapports relatifs aux fichiers électoraux, de 2010 à 2020, ont recommandé de faire de l’état civil la base du fichier électoral », a-t-elle rappelé, avant de souligner qu’« une personne non identifiée à la naissance est un fantôme administratif ». Elle a toutefois relevé les faiblesses persistantes du système, notamment le faible taux d’enregistrement des naissances et l’absence quasi totale de déclaration des décès, estimée à seulement 2 %.
Pour corriger ces insuffisances, les autorités ont mis en place le Registre national de l’état civil (RAVEC) ainsi que le Registre national des personnes physiques. Dans cette nouvelle architecture, le fichier électoral sera désormais alimenté à partir de ces bases de données, à travers l’extraction annuelle des citoyens âgés de 18 ans, détenteurs d’un acte de naissance. L’objectif est d’assurer une alimentation continue et permanente du RNPP, garantissant ainsi une mise à jour régulière et fiable de l’indice électoral.
Dans ce dispositif, un rôle central est confié aux officiers d’état civil, chargés à la fois de la gestion de l’état civil et de l’identification des personnes physiques. « Faire des lois est une chose, les appliquer correctement en est une autre », a insisté Mme Zenabou Touré, appelant à « une collaboration étroite entre la Direction générale des Élections et l’ONECI, encadrée par des conventions juridiques, administratives et techniques ».
Elle a également mis en exergue l’importance de disposer de statistiques fiables sur les naissances, les décès, les mariages et autres événements d’état civil pour une planification efficace des politiques publiques. « On ne peut concevoir de véritables politiques de développement sans données fiables sur la population », a-t-elle affirmé.
De son côté, le Directeur général de l’Office national de l’état civil et de l’identification (ONECI), Kemoko Dioubaté, a exhorté les officiers d’état civil à s’impliquer pleinement dans ce processus. Selon lui, l’état civil constitue la pierre angulaire de l’État et de toute politique de développement durable. Il a insisté sur la nécessité de bien distinguer la déclaration d’un événement (naissance, décès) de son enregistrement effectif à l’état civil, afin d’éviter les confusions encore fréquentes au sein des populations.
Pour le patron de l’ONECI, l’identification juridique et numérique des citoyens demeure une condition sine qua non pour assainir durablement le fichier électoral et jeter les bases d’une Guinée moderne, émergente et résolument tournée vers le développement.
À noter que cette initiative s’inscrit dans le cadre de la rectification institutionnelle et de la refondation de l’État engagées par les autorités de la transition.
UPLG






































