Par une salve de décrets lus le lundi 15 décembre 2025 à la télévision nationale, le président de la transition, le général Mamadi Doumbouya, a engagé un vaste réaménagement du ministère de l’Énergie. Un signal politique fort dans un secteur stratégique, longtemps miné par les contre-performances, les délestages chroniques et une gouvernance contestée.
À travers ces nominations, le chef de l’État semble vouloir imprimer un nouveau rythme, en installant à des postes-clés des profils techniques, parfois déjà aguerris à l’appareil administratif, parfois venus d’horizons plus spécialisés. En clair : remettre de l’ordre, accélérer les réformes et, surtout, produire des résultats visibles.
À la tête de l’Électricité de Guinée (EDG), véritable baromètre de la crédibilité énergétique de l’État, Gandho Barry hérite d’un fauteuil brûlant. Il sera épaulé par N’Faly Diaby, chargé de l’exploitation, et Mamoudouba M’Mah Camara, en charge de l’amélioration et de l’efficacité. Un trio attendu au tournant, tant les attentes des ménages et des opérateurs économiques sont pressantes.
Autre pièce maîtresse du dispositif : l’Agence guinéenne de l’électrification rurale (AGER), confiée à Moussa Condé, avec Amara Bangoura comme adjoint. Ici, l’enjeu est clair : réduire la fracture énergétique entre Conakry et l’intérieur du pays, et traduire enfin en actes les discours sur l’inclusion territoriale.
Le Bureau de stratégie et de développement, cerveau de la planification sectorielle, passe sous la direction de Joachim Haba, assisté de Tiguidanké Dabo. Tandis que Mambi Doumbouya prend les rênes des énergies conventionnelles, Salifou Camara est propulsé à la tête des énergies renouvelables, un segment appelé à devenir central dans la vision énergétique du pays.
La réorganisation touche également les organes de contrôle et de pilotage. Lancinet Nakouda Diakité est confirmé Inspecteur général, secondé par Rouguiatou Barry, pendant que l’Agence de la maîtrise de l’énergie est confiée à Abdoulaye Koné, avec Cellou Barry comme adjoint. L’Agence nationale des énergies renouvelables revient, elle, à Challou Yolande Coll, épaulée par Almamy Ali Diawara, un profil à forte coloration technique.
Au-delà de la longue liste des promus, une question demeure : cette nouvelle architecture suffira-t-elle à sortir le secteur de l’énergie de ses turbulences chroniques ? En procédant à ce vaste toilettage, Mamadi Doumbouya engage désormais sa responsabilité politique. Les noms sont connus, les postes attribués. Reste l’essentiel : transformer les décrets en kilowatts, et les promesses en lumière.
Saliou Keita






































