Les lendemains de fête ont souvent un goût amer en Guinée. Le réveillon du 31 décembre 2025 n’a, hélas, pas dérogé à la règle. Malgré un important dispositif sécuritaire déployé par la Police nationale, le bilan routier et sécuritaire dressé le 2 janvier 2026 fait froid dans le dos : 17 accidents de la circulation, 5 morts, 23 blessés et d’importants dégâts matériels, à Conakry comme à l’intérieur du pays.
Derrière ces chiffres, ce sont des vies brisées, des familles endeuillées et une même question lancinante : jusqu’à quand tolérer l’irresponsabilité sur nos routes ? Excès de vitesse, non-respect du code de la route, conduite sous l’emprise de l’alcool, surcharge des engins, port négligé du casque ou de la ceinture… Les causes sont connues, répétées, mais trop souvent ignorées.
Plus préoccupant encore, la circulation incontrôlée de motos et de véhicules conduits par des mineurs continue de mettre en danger la vie des autres usagers. Cette pratique, devenue presque banale, est pourtant une bombe à retardement. Un enfant au guidon ou au volant n’est pas seulement en danger lui-même, il devient un danger public. Sur ce point, l’heure n’est plus aux rappels, mais à des décisions fermes : interdiction stricte, contrôles renforcés et sanctions exemplaires.
Les conducteurs, eux, doivent prendre leurs responsabilités. La route n’est ni un terrain de jeu ni un défouloir. Respecter les limitations de vitesse, éviter toute conduite à risque, refuser de prendre le volant en état de fatigue ou d’ivresse, s’assurer du bon état de son véhicule et porter les équipements de sécurité sont des gestes simples, mais vitaux.
Les autorités, pour leur part, ne peuvent se contenter d’un déploiement ponctuel lors des fêtes. La prévention doit devenir permanente, tout comme la répression des comportements dangereux. Interdire effectivement la conduite aux mineurs, encadrer strictement l’usage des motos et tricycles, et appliquer la loi sans complaisance sont des impératifs.
Car célébrer ne devrait jamais rimer avec mourir sur la route. La sécurité routière n’est pas une option : c’est une urgence nationale.
Algassimou L Diallo





































