La phase de groupes de la CAN 2025 a fermé ses portes, laissant derrière elle son lot de certitudes, de confirmations et de révélations. Dans un tournoi déjà riche en intensité et en promesses, certains joueurs ont su se hisser au-dessus du lot, imposant leur tempo, leur talent ou leur leadership. En toute subjectivité assumée, voici notre onze type du premier tour, reflet d’une Afrique du football entre héritage et audace.
La CAN 2025, disputée sur les terres marocaines, n’a pas eu besoin d’attendre les matches à élimination directe pour vibrer. Dès la phase de groupes, favoris et outsiders ont répondu présent, offrant un premier acte dense, spectaculaire et parfois cruel. Mais au-delà des résultats, ce sont surtout des individualités qui ont marqué les esprits, éclaboussant la compétition de leur classe ou de leur culot.
Dans ce décor, notre équipe type s’est dessinée naturellement, en 4-4-2, mélange de cadres rassurants, de leaders techniques et de jeunes lions affamés.
Dans les cages, Luca Zidane s’est imposé comme une évidence. Pour sa grande première sous le maillot algérien, le fils de Zinedine a joint l’utile à l’agréable. Deux matches, deux clean sheets, et une autorité qui a rassuré les Fennecs, malgré une relance hasardeuse restée sans conséquence. Un baptême africain réussi, sous le regard fier du père.
En défense, l’équilibre est roi. À gauche, Aubrey Modiba incarne la rigueur collective sud-africaine, infatigable dans son couloir malgré un malheureux but contre son camp. Dans l’axe, Ramy Bensebaïni s’est affirmé comme un patron algérien, solide et intraitable, aux côtés de Kalidou Koulibaly, toujours impérial malgré une expulsion sacrificielle pour le Sénégal. À droite, Guéla Doué a confirmé qu’il n’était pas là par hasard, s’imposant avec maturité dans une Côte d’Ivoire championne d’Afrique en titre.
Au milieu, le tempo s’est accéléré. Hannibal Mejbri a enfin pris la pleine mesure de son talent avec la Tunisie, chef d’orchestre inspiré et métronome appliqué. À ses côtés, Carlos Baleba symbolise la nouvelle vague camerounaise : puissance, volume et ambition, à seulement 21 ans. Sur les ailes, l’expérience et la magie ont parlé. Riyad Mahrez, critiqué avant le tournoi, a répondu par des gestes de soie et des buts décisifs. Et puis il y a Brahim Diaz, le chouchou du public marocain, métamorphosé à domicile, buteur à chaque sortie et véritable poison pour les défenses.
Devant, le duo fait saliver. Victor Osimhen, même sans statistiques flamboyantes, reste le cœur battant du Nigeria, capable de faire basculer un match par sa seule présence. À ses côtés, Bryan Mbeumo s’est libéré sous le maillot camerounais, profitant de la confiance totale de son sélectionneur pour dynamiter les défenses et assumer un rôle central.
Autour de ce onze, les absents ne manquent pas et la concurrence est rude. Mohamed El Shenawy, Chancel Mbemba, Ayoub El Kaabi, Nicolas Jackson, Ademola Lookman ou encore Amad Diallo auraient pu prétendre à une place. Preuve, s’il en fallait une, que cette CAN 2025 déborde de talents.
Le plus dur commence désormais. Mais une chose est sûre : ces joueurs-là ont déjà écrit les premières lignes d’un tournoi qui promet d’être grand.
Roman Roueux et France24

































