Au lendemain de la victoire écrasante de Mamadi Doumbouya à la présidentielle, le Premier ministre Bah Oury a choisi le registre de l’espoir et de la projection. Un discours volontariste, presque prophétique, où la foi en l’avenir se mêle à une promesse lourde de sens : faire sortir définitivement la Guinée de la pauvreté d’ici deux à quatre ans.
Pour le chef du gouvernement, l’élection du président Doumbouya marque bien plus qu’une simple alternance institutionnelle. Elle ouvre, selon lui, « un autre processus », une nouvelle séquence politique censée traduire en actes les attentes nées durant les quatre années de transition. Le temps de l’exception serait clos ; place désormais à une gouvernance conforme à la Constitution, appelée à transformer l’élan de la transition en résultats tangibles.
Bah Oury dessine ainsi les contours d’une Guinée ambitieuse : un État moderne, prospère, sûr de lui-même, porté par une population qui aurait déjà « brisé des plafonds de verre » et qui, sous une gouvernance « rigoureuse et vertueuse », serait prête à en franchir d’autres. Le propos est lyrique, la vision assumée. Mais derrière les mots, l’enjeu est immense : convaincre que le rêve est réalisable, et surtout, qu’il sera mesurable.
C’est à la jeunesse, souvent désabusée et en proie au doute, que le Premier ministre adresse le message le plus appuyé. À ceux qui hésitent, qui s’interrogent sur leur avenir dans un pays longtemps miné par le chômage et la précarité, il promet la création d’un « bassin d’emplois » élargi, adossé à des qualifications renforcées. L’objectif est clair : offrir des perspectives concrètes et rapides, au point d’éradiquer la pauvreté en l’espace de quelques années.
Reste que cette promesse, aussi mobilisatrice soit-elle, place le nouveau pouvoir face à une exigence de résultats sans précédent. Sortir un pays structurellement pauvre de la précarité en quatre ans relève moins de l’incantation que d’un pari audacieux, qui devra s’appuyer sur des réformes profondes, une gestion irréprochable et une stabilité durable.
En concluant son message par des vœux de compassion à l’endroit des plus vulnérables, Bah Oury tente de rassurer et de rassembler. L’espoir est permis, dit-il. Encore faudra-t-il que cet espoir survive à l’épreuve du quotidien. Car désormais, la Guinée n’attend plus des promesses, mais des preuves.
Algassimou L Diallo






































