La présidentielle du 28 décembre n’aura laissé place à aucune ambiguïté. Avec 86,72 % des suffrages dès le premier tour, le général Mamadi Doumbouya s’est imposé sans appel, un verdict entériné par la Cour suprême le 4 janvier 2026. Un résultat que l’Union africaine n’a pas tardé à saluer, scellant ainsi une reconnaissance politique lourde de symboles.
Dans un communiqué officiel, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf, a adressé ses « chaleureuses félicitations » au président élu, saluant une victoire nette et un processus électoral jugé conforme aux standards en vigueur. Un satisfecit qui tranche avec les réserves et les sanctions ayant longtemps accompagné la transition guinéenne.
Au-delà du score, l’Union africaine met en avant « la maturité du peuple guinéen », qui aurait voté « dans la paix et la sérénité ». Une manière de souligner que, malgré les doutes et les critiques, le scrutin s’est déroulé sans heurts majeurs, traduisant, selon Addis-Abeba, une appropriation du processus électoral par les citoyens eux-mêmes.
La Commission n’a pas manqué d’élargir ses félicitations à l’ensemble des acteurs impliqués : organes de gestion des élections, candidats, partis politiques, société civile, gouvernement et partenaires techniques et financiers. Tous sont crédités d’un « sens de responsabilité » ayant permis la tenue du scrutin dans le respect du cadre légal national et des normes internationales pertinentes.
Mais derrière les congratulations se dessine un message politique clair. Mahamoud Ali Youssouf a réaffirmé la disponibilité de l’Union africaine à accompagner la Guinée vers un « retour rapide à l’ordre constitutionnel », tout en appelant à une réévaluation de la situation du pays. En filigrane, une invitation à lever les sanctions encore en vigueur, jugées désormais contre-productives au regard du « chemin parcouru ».
L’Union africaine appelle enfin au dialogue, à la concertation et au strict recours aux voies légales pour régler les différends, tout en exhortant les autorités guinéennes à parachever le cycle électoral par l’organisation d’élections législatives, sénatoriales et locales inclusives et apaisées.
En adoubant ouvertement Mamadi Doumbouya, l’Union africaine envoie un signal fort : celui d’une institution prête à tourner la page de la transition et à accompagner la Guinée dans une nouvelle séquence politique. Reste à savoir si cette reconnaissance internationale se traduira, sur le terrain, par une consolidation durable de la démocratie, de l’unité nationale et de l’État de droit.
Algassimou L Diallo






































