Reportage
La victoire éclatante des Lions de l’Atlas face au Cameroun (2-0) n’a pas eu le même goût partout. Si, à Rabat comme dans plusieurs capitales occidentales, la qualification du Maroc pour les demi-finales de la Coupe d’Afrique des Nations a déclenché des scènes de liesse, en France, la célébration s’est heurtée à un mur sécuritaire.
À Paris, dès le coup de sifflet final, les Champs-Élysées et plusieurs grandes artères ont été placés sous haute surveillance. Objectif affiché : prévenir tout débordement. Dans les faits, les forces de l’ordre ont rapidement dispersé les regroupements spontanés de supporters marocains. Drapeaux sur les épaules, maillots rouges et verts visibles, certains ont été interpellés ou verbalisés. Des amendes allant jusqu’à 135 euros ont été infligées pour le simple fait d’exhiber les couleurs du Royaume, selon des vidéos largement relayées sur les réseaux sociaux.
Ces scènes ont suscité une vague d’indignation et d’incompréhension. D’autant que la Préfecture de police de Paris avait, en amont, interdit tout rassemblement de supporters sur les Champs-Élysées, autour du musée du Louvre et sur l’avenue Foch, de vendredi 15 heures à dimanche 2 heures du matin. Une anticipation qui a transformé la victoire sportive la première qualification en demi-finales de la CAN depuis 22 ans en soirée sous tension.
À quelques centaines de kilomètres de là, le contraste est saisissant. En Belgique, la communauté marocaine a investi les rues dans une atmosphère largement festive. À Bruxelles, notamment à Molenbeek, des images devenues virales montrent des policiers chantant et sautant avec les supporters. « L’esprit de fête a prévalu, du moins au début », ont rapporté les médias locaux.
La police belge n’est intervenue que plus tard dans la nuit. Le commissaire François Janssens, porte-parole de la police de Bruxelles-Ouest, nuance : « L’ambiance était très festive au départ. Comme lors des matchs précédents, beaucoup de personnes se sont rassemblées dans le quartier des Étangs Noirs. Tout était calme au début, puis la situation s’est progressivement tendue, notamment à cause des feux d’artifice, ce qui a posé des problèmes de sécurité. »
Même tonalité au Canada. À Montréal et dans d’autres villes, les supporters marocains ont célébré librement l’exploit de leur équipe. Drapeaux brandis, klaxons, chants : les forces de l’ordre se sont contentées d’observer, sans intervention notable. Des vidéos montrent des agents de police stationnés à proximité, veillant au bon déroulement des festivités.
Une même victoire, trois réponses différentes. Entre fermeté française, tolérance encadrée belge et observation canadienne, la joie des supporters marocains a révélé, au-delà du football, des approches contrastées de l’espace public et de l’expression festive. Pour beaucoup, la fête s’est poursuivie. Pour d’autres, elle s’est arrêtée au premier contrôle.
Source: Afriknew.com






































