À l’occasion de son adresse à la Nation pour le Nouvel An, le président Mamadi Doumbouya a appelé à l’unité nationale et au rassemblement de tous les Guinéens autour de la construction d’une « Guinée nouvelle », fondée sur la paix et le travail. Un message aux accents conciliants, mais qui peine à convaincre une partie de l’opposition.
Interrogé ce lundi 12 janvier sur RFI, le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo, s’est montré pour le moins sceptique quant à la volonté réelle du chef de l’État de traduire ces appels en actes concrets.
« Il faut savoir qu’il a toujours tenu des discours rassurants depuis la prise du pouvoir. C’est d’ailleurs ce qui avait motivé notre mobilisation pour soutenir le coup d’État, parce qu’il semblait, par ses paroles, répondre aux attentes de la population », a rappelé l’opposant. Avant d’ajouter : « Il a toujours dit qu’il allait rendre le pouvoir aux civils choisis par le peuple. Malheureusement, dans la pratique, c’est tout le contraire qui s’est produit. »
Pour Cellou Dalein Diallo, ce décalage entre le discours et les actes rend toute confiance difficile. « Il a prêté serment de respecter la Charte de la transition, mais dans les faits, nous avons assisté à des disparitions forcées, à la fermeture de radios, à des poursuites fantaisistes contre des leaders politiques, à des assassinats suspects en prison. Beaucoup de choses se sont passées », a-t-il dénoncé.
Selon lui, ces dérives traduisent une volonté manifeste de museler toute contestation. « Il a tenu à faire taire toutes les voix dissonantes », a conclu le leader de l’UFDG, mettant ainsi en doute la sincérité de la main tendue du président Doumbouya.
Marliatou Sall






































