Le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Oumar Diouhé Bah, a établi un lien direct entre la prolifération des faux médicaments et plusieurs dérives sociales graves en Guinée, notamment les viols, l’addiction des jeunes, des cas de démence et de nombreux décès. Il s’exprimait récemment dans l’émission « L’heure du bilan ».
Selon le ministre, la lutte engagée contre le trafic de faux médicaments depuis le 5 septembre 2021 constitue aujourd’hui une source de fierté pour la Guinée. Il estime que l’ampleur des dégâts causés par ces produits illicites a longtemps été sous-estimée.
« Le trafic de faux médicaments, personne ne peut réellement vous dire l’impact négatif qu’il a eu sur les Guinéens. Quand on voit ce qui a été retrouvé dans les conteneurs saisis, on comprend que beaucoup de décès étaient liés à ces produits », a-t-il déclaré.
Oumar Diouhé Bah cite pêle-mêle des cas de viols, de démence, d’addiction chez les jeunes, de morts dans des hôtels et motels, d’insuffisance rénale, ainsi que d’autres pathologies lourdes. « Ce sont des médicaments ou des produits toxiques. Quand on les consomme, on ne peut pas se contrôler », affirme-t-il, évoquant également un lien avec la montée de la criminalité.
Sur le plan opérationnel, le ministre dresse un bilan chiffré de la répression. « Si on cumule tout, nous avons saisi plus de 400 conteneurs de 40 pieds de faux médicaments. Tout le contenu a été incinéré. Des responsables ont été interpellés, jugés et condamnés », assure-t-il. Selon lui, ces efforts ont valu à la Guinée une reconnaissance internationale, là où le pays était auparavant souvent pointé du doigt.
La lutte s’est également étendue aux structures sanitaires clandestines. Pour la seule année 2025, 232 structures ont été contrôlées, dont 127 fermées. Depuis septembre 2021, le ministère revendique la fermeture de plus de 2 000 cliniques clandestines à travers le pays.
Au-delà des actions de terrain, Oumar Diouhé Bah met en avant un important travail de réformes juridiques. Il évoque l’existence de vides juridiques et de textes devenus obsolètes, qui ont nécessité une mise à jour rapide. Parmi les avancées citées figurent la révision du code de la santé publique, celle de la loi pharmaceutique, l’adoption de la loi sur la prévention et la prise en charge du VIH/sida, ainsi que le renouvellement des ordres professionnels.
Après l’élection du bureau de l’Ordre des pharmaciens, le ministre annonce des démarches similaires pour l’Ordre des médecins, des sages-femmes et des infirmiers. Une dynamique qui, selon lui, vise à assainir durablement le secteur de la santé et à protéger les populations contre les effets dévastateurs des faux médicaments.
Saliou Keita






































