À quelques jours de l’investiture du président Mamadi Doumbouya, prévue ce samedi 17 janvier au stade Général Lansana Conté de Nongo, le pouvoir affine sa mise en scène et soigne ses symboles. Au cœur du dispositif : la jeunesse guinéenne, présentée comme le moteur et la caution populaire de cette nouvelle étape politique.
C’est dans ce contexte que le ministre de la Jeunesse, Cellou Baldé, s’est rendu sur les lieux pour s’enquérir de l’état d’avancement des préparatifs. Une visite de terrain à forte portée politique, destinée à rassurer sur la logistique, mais surtout à envoyer un message clair : la mobilisation sera massive, et la jeunesse répondra à l’appel.
Selon le ministre, les travaux d’aménagement et les dispositifs d’accueil sont suffisamment avancés pour recevoir les milliers de citoyens attendus. Mais au-delà des aspects matériels, le discours met en avant une ambition plus large. « La jeunesse guinéenne répondra présente pour écrire une nouvelle page de notre histoire », promet Cellou Baldé, plaçant l’événement sous le signe d’un engagement générationnel autour de celui qu’il qualifie de « champion », le président Mamadi Doumbouya.
Cette insistance sur la jeunesse n’est pas anodine. Dans une Guinée marquée par des transitions politiques successives et des attentes sociales fortes, les jeunes constituent à la fois une force démographique décisive et un baromètre de la légitimité du pouvoir. Les convoquer à Nongo, c’est leur assigner un rôle central dans le récit du moment : celui d’une refondation portée par l’adhésion populaire.
Reste une question de fond, que l’enthousiasme officiel ne dissipe pas : après l’investiture et les discours, quelle place réelle sera accordée à cette jeunesse si souvent mobilisée lors des grands rendez-vous, mais rarement associée aux décisions structurantes ? L’histoire que l’on promet d’écrire ne se jugera pas à la ferveur d’un jour, mais à la capacité du pouvoir à traduire cette mobilisation en opportunités concrètes, en emplois, en perspectives et en inclusion durable.
Ce samedi, la jeunesse sera sans doute au stade. Le véritable défi commencera une fois les gradins vidés et les projecteurs éteints.
Amadou Diallo





































