La décision est lourde de symboles. En levant, ce jeudi 22 janvier, la suspension de la Guinée de ses instances, le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) signe la fin officielle d’une parenthèse d’isolement diplomatique ouverte avec la transition politique. Conakry retrouve sa place au sein de l’organisation continentale. Mais derrière ce geste d’apaisement se profile une exigence claire : transformer l’essai démocratique en réalité durable.
Dans son communiqué, le CPS réaffirme son attachement aux principes fondateurs de l’Union souveraineté, intégrité territoriale et unité nationale tout en affichant sa solidarité avec le peuple guinéen dans sa quête de constitutionnalisme et de gouvernance démocratique. Une formulation qui sonne à la fois comme une reconnaissance et un rappel à l’ordre.
L’Union africaine salue les « avancées positives » enregistrées dans la mise en œuvre de la feuille de route de la transition, au premier rang desquelles l’organisation de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025. Le scrutin, jugé pacifique et ordonné, est présenté comme la preuve d’un engagement populaire en faveur de la démocratie et de l’État de droit. Pour l’UA, la stabilité retrouvée des urnes a pesé lourd dans la balance.
Le CPS a également adressé ses félicitations au président de la République, Mamadi Doumbouya, tout en l’exhortant à honorer ses engagements politiques et moraux. Le message est limpide : la réintégration de la Guinée n’est pas un chèque en blanc, mais un pari sur la continuité des réformes et le rétablissement de la dignité du peuple guinéen.
Conformément à l’article 26 de la Charte de l’UA, la suspension est donc levée, ouvrant la voie à une reprise immédiate de la participation de la Guinée aux activités de l’Union. Le CPS a, au passage, exprimé sa gratitude à la Commission de l’UA pour son accompagnement durant la transition, notamment à travers la Facilité africaine de soutien aux transitions inclusives (FASTI), le renforcement des capacités institutionnelles et l’envoi de missions d’observation électorale.
Mais l’édito ne serait pas complet sans évoquer l’étape suivante. L’UA appelle les autorités guinéennes à approfondir la gouvernance inclusive, à œuvrer pour une réconciliation nationale effective et à organiser, dans des délais raisonnables, les élections législatives. Autant de chantiers indispensables pour clore définitivement la transition et ancrer la stabilité politique.
Enfin, le Conseil exhorte les partenaires régionaux et internationaux – CEDEAO, Nations Unies et États membres à maintenir leur soutien à la Guinée. Car si le pays est de retour dans le giron africain, le plus difficile commence peut-être maintenant : prouver que cette réintégration n’est pas seulement un aboutissement diplomatique, mais le point de départ d’un nouvel ordre constitutionnel crédible et durable.
Amadou Diallo






































