La démission du gouvernement dirigé par Amadou Oury Bah, acceptée le 22 janvier par le président Mamadi Doumbouya, marque un tournant politique. Mais pour certains acteurs clés de la transition, l’heure n’est pas au retrait. À l’image de Mory Condé, ministre sortant de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, qui choisit de transformer la fin d’un chapitre gouvernemental en acte de continuité politique.
Au lendemain de cette démission collective, Mory Condé a pris la parole, non pour dresser un constat amer, mais pour revendiquer un parcours. Quatre années passées au cœur de l’appareil d’État qu’il qualifie d’« honneur » et de « grâce », et qu’il inscrit dans une logique de service public et de loyauté institutionnelle.
Dans un message soigneusement calibré, l’ancien ministre a tenu à remercier le chef de l’État, Mamadi Doumbouya, ainsi que les Premiers ministres successifs de la transition — Mohamed Béavogui, Bernard Goumou et Amadou Oury Bah. Un hommage appuyé à ce qu’il décrit comme une « autorité bienveillante », sous laquelle il aurait exercé ses responsabilités.
Au-delà des remerciements, Mory Condé a également salué le travail de ses équipes, qu’il présente comme le socle des actions menées au sein de son département. Engagement, loyauté et sens du devoir : les termes employés dessinent le portrait d’une administration qu’il juge mobilisée et efficace, au service direct des citoyens.
Mais l’essentiel du message se situe ailleurs. À travers cette prise de parole, l’ancien ministre entend surtout inscrire son action dans le récit plus large de la « refondation » prônée par les autorités de la transition. Renforcement des institutions, amélioration de la gouvernance, rationalisation de la gestion publique : autant de axes qu’il revendique comme les marqueurs de son passage au gouvernement.
En réaffirmant sa « détermination à servir le peuple de Guinée », Mory Condé envoie un signal politique clair. La démission du gouvernement n’est pas, à ses yeux, un point final, mais une étape. Dans un contexte de recomposition du pouvoir exécutif, cette déclaration sonne comme une volonté de rester présent dans le débat public, fidèle à la ligne de la transition et à l’autorité du chef de l’État.
Reste à savoir quelle forme prendra cet engagement revendiqué. Mais une chose est certaine : dans la Guinée de l’après-transition, les bilans s’écrivent déjà comme des prises de position pour l’avenir.
Saliou Keita





































