Le 22 janvier 2026, la Guinée a officiellement réintégré l’Union africaine, refermant ainsi une parenthèse de plus de quatre années de suspension consécutive au coup d’État du 5 septembre 2021. Un retour symbolique, lourd de sens, qui marque la volonté affichée de Conakry de renouer avec la scène diplomatique africaine après une longue traversée du désert institutionnel.
À Addis-Abeba, le ministre des Affaires étrangères, Dr Morissanda Kouyaté, a voulu donner à cet instant des allures de manifeste politique. Sous le leadership du président Mamadi Doumbouya, a-t-il affirmé, la Guinée entend démontrer que les immenses ressources naturelles africaines ne sont pas une fatalité ni une malédiction, mais peuvent devenir un levier de prospérité et de dignité, à condition d’être gérées avec responsabilité et vision. Un message qui sonne comme une promesse autant qu’un défi, dans un pays longtemps confronté aux paradoxes de l’abondance.
Dans un contexte international marqué par de profondes secousses politiques, économiques et géostratégiques, le chef de la diplomatie guinéenne a insisté sur l’urgence de l’unité africaine. Pour lui, l’Afrique n’a plus le luxe des divisions : seule la solidarité et l’action collective peuvent permettre au continent de peser et de protéger ses intérêts.
Reste désormais à transformer le discours en actes. Dr Morissanda Kouyaté assure que la Guinée, de retour « pleinement » au sein de l’Union africaine, adoptera une posture avant-gardiste, engagée en faveur de la réforme, du renforcement et de la crédibilité de l’institution. Un engagement fort, à l’épreuve du temps, qui sera scruté de près par les partenaires africains comme par l’opinion nationale. Le retour est acté ; la crédibilité, elle, reste à consolider.
Algassimou L Diallo





































