Dix ans ont passé, mais la blessure reste vive dans la mémoire collective de la presse guinéenne. Mohamed Koula Diallo n’était pas qu’un journaliste. Il était une voix, un regard posé là où l’on détourne souvent les yeux. Le 5 février 2016, cette voix s’est tue brutalement à Conakry, alors qu’il exerçait ce qui devait être un droit fondamental : informer.
Reporter à Guinee7.com, Mohamed Koula Diallo, 42 ans, a perdu la vie en couvrant des affrontements entre militants politiques. Une mort qui rappelle, avec une cruelle régularité, que le journalisme en Guinée demeure un métier à risques, surtout lorsque l’on choisit le terrain, la vérité et l’intégrité plutôt que le confort du silence.
Homme de terrain reconnu, Koula parcourait les zones les plus enclavées du pays pour donner la parole aux sans-voix. Libertés publiques, gouvernance, santé, droits fondamentaux : ses enquêtes s’attaquaient aux sujets sensibles, ceux qui dérangent mais qui éclairent. Dix ans après, son engagement continue d’interpeller une profession trop souvent confrontée à la peur, aux pressions et parfois à l’oubli.
À l’initiative du Collectif des Journalistes Amis de Koula (COJAK) et de la Maison de la Presse de Guinée, une série d’activités commémoratives est organisée pour raviver la mémoire et rappeler l’essentiel. « La presse guinéenne est une famille indivisible », souligne Minkailou Barry, coordinateur général du COJAK. Un hommage qui, selon lui, dépasse les clivages pour réaffirmer les fondements du métier : rigueur, transparence et courage.
Deux temps forts marqueront cette commémoration. Le 3 février, une lecture du Coran sera dédiée à la mémoire du disparu. Le 5 février, à partir de 10 heures, la Maison de la Presse accueillera la cérémonie officielle, en présence de la famille du journaliste, de ses confrères, des autorités et des partenaires. Témoignages, expositions photographiques, projections et restitution de ses travaux viendront rappeler l’homme, le professionnel et l’héritage.
Au-delà de l’hommage, cette commémoration se veut un message adressé aux jeunes journalistes : informer n’est pas un crime, et le sacrifice de Mohamed Koula Diallo ne doit ni être oublié ni banalisé. Dix ans après, son nom demeure un rappel brutal mais nécessaire du prix parfois payé pour la vérité.
Amadou Diallo Avec le précis224





































