La découverte, ce vendredi 30 janvier 2026, d’un corps sans vie à Boussoura, sur la route du Niger, à proximité immédiate d’Ecobank, n’est pas un simple fait divers de plus. C’est un signal d’alarme. Un de ceux qui rappellent brutalement que, dans une capitale en pleine mutation, la question de la sécurité ne peut plus être reléguée au second plan.
La victime, un jeune homme d’une vingtaine d’années, connu sous le surnom de « Rousso », n’a pas encore été formellement identifiée. Les premiers témoignages indiquent qu’il fréquentait régulièrement les lieux et qu’il y consommait du Kush, une drogue de synthèse aux effets dévastateurs, devenue l’un des visages les plus inquiétants de l’insécurité urbaine. Les autorités, présentes sur place, ont procédé aux constatations d’usage. Le procureur de la République a été saisi et une enquête pour déterminer les causes exactes de la mort serait en cours.
Mais au-delà de l’enquête judiciaire, une question s’impose : jusqu’à quand Conakry continuera-t-elle à s’abandonner à la nuit ? Une capitale ne dort jamais, dit-on. Certes. Mais une capitale responsable sait aussi fixer des limites. La nuit n’est pas un droit absolu lorsqu’elle devient un terrain fertile pour les dérives, la drogue, la violence et la mort silencieuse.
À partir d’une certaine heure 20 heures, par exemple; chacun devrait être chez soi. Pour sa propre sécurité. Pour celle des autres. La ville n’y perdrait rien, bien au contraire. Les rares noctambules célibataires, par choix ou par habitude, relèvent d’un autre débat. Mais une société ne peut s’organiser autour de l’errance nocturne, encore moins lorsqu’elle expose sa jeunesse aux pires dangers.
La sécurité dans une capitale est un pilier de l’ordre public, mais aussi un contrat moral entre l’État et les citoyens. Les autorités ont leur part de responsabilité, bien sûr. Mais les citoyens aussi. La rue n’est pas un refuge. Elle devient trop souvent un piège.
Le drame de Boussoura nous le rappelle cruellement : protéger la vie commence parfois par une décision simple rentrer tôt, rester chez soi, refuser la nuit quand elle n’a plus rien à offrir. Conakry mérite mieux que des morts anonymes à l’aube. Elle mérite une vigilance collective, ferme et assumée.
Aziz Camara avec lavoixd’afrique224






































