Il y a des chiffres qui devraient faire réfléchir. À Forécariah, 839 kilogrammes de produits impropres à la consommation ont été retirés des circuits commerciaux puis incinérés par l’Office National de Contrôle de Qualité (ONCQ). Derrière cette opération, saluée par les autorités préfectorales, se cache une réalité plus dérangeante : sans contrôle, ces produits auraient fini dans les assiettes des citoyens.
La destruction, menée cette semaine par l’antenne préfectorale de l’ONCQ, concernait des saisies effectuées tout au long de l’année 2025. L’incinération s’est déroulée sur un site choisi avec rigueur, loin des zones habitées et conformément aux normes environnementales et sanitaires. Un détail important, tant la lutte pour la santé publique ne doit jamais se faire au détriment de l’environnement.
L’ONCQ, par ce geste fort, rappelle sa mission essentielle : protéger les consommateurs contre des produits dangereux, souvent introduits frauduleusement ou maintenus sur les étals malgré leur non-conformité. Trop souvent, la logique du profit immédiat prend le pas sur la sécurité sanitaire. Et c’est toujours le citoyen ordinaire qui en paie le prix, parfois au péril de sa santé, voire de sa vie.
Mais au-delà de l’opération elle-même, cette incinération pose une question de fond : combien de produits similaires échappent encore aux mailles du filet ? Les 839 kilogrammes détruits ne sont sans doute que la partie visible d’un commerce informel tentaculaire, nourri par la faiblesse des contrôles en amont et l’irresponsabilité de certains opérateurs économiques.
Dans son message, l’ONCQ appelle d’ailleurs ces derniers à plus de responsabilité. Un appel nécessaire, mais qui doit s’accompagner de sanctions dissuasives et d’un renforcement durable des moyens de contrôle. La protection du consommateur ne peut reposer uniquement sur des opérations ponctuelles, aussi spectaculaires soient-elles.
À Forécariah, l’État a envoyé un signal clair : la santé publique n’est pas négociable. Reste désormais à transformer l’essai, en faisant du contrôle de qualité une politique continue, visible et crédible sur toute l’étendue du territoire. Car en matière de produits de consommation, prévenir vaut toujours mieux que brûler après coup.
Saliou Keita






































