À mesure que les discours officiels se multiplient, le pouvoir d’achat, lui, continue de s’éroder. Dans un contexte économique déjà tendu, l’Union pour la défense des consommateurs de Guinée (UDCG) sonne l’alarme et dénonce le non-respect des engagements contenus dans le protocole d’accord signé entre le ministère du Commerce, la Chambre de commerce, d’industrie et d’artisanat de Guinée et la Direction générale des douanes.
Sur le papier, les subventions de l’État devaient soulager les ménages. Dans les marchés, la réalité est tout autre. Pour M’Bany Sidibé, président de l’UDCG, les prix des produits de première nécessité restent élevés, parfois tout simplement hors de portée pour une large frange de la population. « Force est de constater que les engagements pris pour la diminution des prix ne sont pas respectés », tranche-t-il, pointant le fossé grandissant entre les annonces gouvernementales et le quotidien des consommateurs.
À l’approche du mois saint de Ramadan, période de partage mais aussi de forte pression sur les dépenses familiales, l’alerte prend une dimension particulière. Riz, sucre, huile, poisson, lait, viande, poulet, pain, pâtes alimentaires, fonio ou encore eau minérale : la liste des denrées concernées par les promesses de baisse est longue, tout comme celle des désillusions. Pour l’UDCG, il ne s’agit plus de communication, mais d’actions concrètes, mesurables et durables.
Face à ce qu’elle qualifie de défaillance du mécanisme de régulation, l’organisation appelle le ministère du Commerce et le gouvernement à revoir en profondeur le protocole d’accord. Audit, renégociation, transparence et efficacité : autant de mots-clés brandis pour redonner du sens à une politique des prix qui peine à produire ses effets.
Au-delà des chiffres et des accords, c’est la survie quotidienne de milliers de familles qui est en jeu. En plaçant les autorités devant leurs responsabilités, l’UDCG rappelle une évidence souvent oubliée : une politique économique se juge à l’aune de l’assiette du citoyen. Et à ce jeu-là, prévient M’Bany Sidibé, le temps presse. « Agissons ensemble maintenant », lance-t-il, comme un dernier appel avant que la vie chère ne devienne la norme.
Aziz Camara






































