La nomination d’Alpha Bacar Barry à la tête du ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de la Formation professionnelle n’est pas un simple jeu de chaises musicales. Elle sonne comme un tournant peut-être décisif pour un secteur à bout de souffle mais porteur de tous les espoirs. Par décret présidentiel, le nouveau ministre hérite d’un portefeuille aussi vaste que stratégique, au cœur même du devenir de la Guinée.
Car l’école guinéenne ne manque ni de diagnostics ni de rapports. Elle manque surtout de résultats durables. Grèves à répétition, baisse du niveau, programmes souvent déconnectés des réalités économiques, infrastructures insuffisantes, enseignants mal formés ou démotivés : la liste des urgences est longue, presque décourageante. À cela s’ajoute le défi de l’analphabétisme, véritable frein au développement, et celui de la formation professionnelle, longtemps reléguée au second plan alors qu’elle devrait être le pont naturel entre l’école et l’emploi.
Le chantier qui attend Alpha Bacar Barry est donc colossal. Il ne s’agira pas seulement d’éteindre des incendies sociaux, mais de refonder la confiance entre l’État, les enseignants, les élèves et les parents. Réviser les programmes, améliorer la qualité des apprentissages, investir dans la formation continue des enseignants, équiper les écoles, intégrer le numérique, décentraliser la gestion éducative : autant de promesses entendues mille fois, mais rarement traduites en actes cohérents et suivis.
Cette nomination intervient dans un contexte de réformes structurelles où l’efficacité de l’action publique est scrutée de près. L’éducation, plus que tout autre secteur, ne peut se contenter de slogans. Elle exige de la méthode, de la constance et du courage politique. Le temps des effets d’annonce est passé ; celui des résultats mesurables est attendu.
Désormais, Alpha Bacar Barry est face à l’histoire. Soit il parvient à faire de l’école guinéenne un véritable moteur de progrès social et de croissance, soit il rejoindra la longue liste de ministres emportés par l’inertie du système. Pour la Guinée, l’enjeu est clair : sans une éducation solide, aucune réforme ne tiendra. Tous les regards sont braqués sur lui. Et le compte à rebours a déjà commencé.
Amadou Diallo






































