Le président Mamadi Doumbouya continue de façonner, pièce après pièce, l’architecture stratégique de son pouvoir. Tard dans la soirée de ce mardi 3 février 2026, un décret lu sur les antennes de la RTG est venu acter un renfort de poids au cœur du palais présidentiel : Dr Bernard Gomou, ancien Premier ministre, est nommé Conseiller spécial du Président de la République.
Au-delà d’une simple nomination, le choix de Bernard Gomou sonne comme un message politique. Celui d’un chef de l’État qui, à l’aube d’un nouveau cycle institutionnel, mise sur l’expérience, la technicité et la connaissance fine des arcanes de l’État. Ancien chef du gouvernement, Dr Gomou connaît les rouages du pouvoir exécutif, les contraintes de la décision publique et les équilibres parfois fragiles de la gouvernance.
En intégrant le cercle rapproché du président, il n’est plus dans la lumière directe de l’action gouvernementale, mais dans cet espace décisif où se pensent les orientations, se murissent les arbitrages et se dessinent les stratégies. Un poste de l’ombre, certes, mais souvent plus influent que bien des portefeuilles ministériels.
Cette nomination intervient dans un contexte de recomposition politique et institutionnelle, où le chef de l’État cherche à consolider son dispositif, à sécuriser son cap et à s’entourer de profils capables de conjuguer loyauté et expertise. Le retour de Bernard Gomou au sommet de l’État traduit ainsi une volonté claire : ne pas laisser le pouvoir naviguer à vue, mais l’arrimer à des repères éprouvés.
Avec ce choix, Mamadi Doumbouya confirme une ligne : celle d’un leadership qui assume les ruptures, tout en s’appuyant sur des hommes rompus à l’exercice du pouvoir. Reste à voir comment ce conseiller spécial pèsera, demain, dans les grandes décisions d’un septennat qui s’annonce aussi ambitieux qu’exigeant.
Marliatou Sall






































