Samedi, sur l’esplanade du Stade du 28 Septembre, la Guinée n’a pas seulement célébré la première édition de la Journée des sports de combat. Elle a mis en scène un symbole. Onze disciplines, des athlètes venus de tous horizons, et au centre, une parole politique qui a voulu épouser le souffle du moment : celui de la cohésion et de la réconciliation par le sport.
Pour sa première grande sortie publique, le nouveau ministre de la Jeunesse et des Sports, Cellou Baldé, a choisi le ring comme tribune et la jeunesse comme interlocuteur. Dans un décor festif qu’il a attribué à une stabilité retrouvée, il n’a pas manqué d’exprimer sa reconnaissance au président de la République, Mamadi Doumbouya. À l’en croire, cette paix ambiante est le fruit d’une vision et d’un leadership qui permettent aujourd’hui au pays de se rassembler sans crainte, autour de passions communes.
Le message s’est voulu politique autant que générationnel. En remerciant le Premier ministre Amadou Oury Bah, Cellou Baldé a lu sa nomination comme un signal fort envoyé à la jeunesse guinéenne : celui d’une confiance renouvelée et d’une volonté d’installer l’ascension des jeunes au cœur de l’action gouvernementale. Une manière d’ancrer le sport dans une stratégie plus large de développement et d’inclusion.
Dans son propos, la Guinée décrite est une nation qui se regarde enfin sans se déchirer. Une Guinée réconciliée avec elle-même, portée par une jeunesse appelée à devenir actrice du développement socio-économique durable. Et dans ce récit, les sports de combat prennent une dimension presque pédagogique : apprendre à affronter sans haïr, à maîtriser sa force plutôt que de la subir.
Respect de l’adversaire, discipline, maîtrise de soi : pour le ministre, ces valeurs font des arts martiaux et sports de combat bien plus qu’un spectacle. Ils deviennent des écoles de citoyenneté, capables de canaliser l’énergie brute vers l’excellence et la fierté nationale.
Reste désormais à transformer le discours en politique publique durable. Car si les poings se sont levés ce samedi, c’était surtout pour saluer une ambition : faire du sport guinéen un véritable ciment national, à la hauteur des réformes promises et des attentes d’une jeunesse en quête de repères.
Saliou Keita






































