La salle est calme, les caméras braquées, les micros tendus. Ce lundi 9 février 2026, à Conakry, Ibrahima Kalil Diallo avance d’un pas assuré face aux journalistes. Ancien homme de presse devenu acteur politique, le président du mouvement Agissons pour la Guinée (APG) a choisi ce point de presse pour tourner une page et en ouvrir une autre : son adhésion officielle au Mouvement démocratique libéral (MoDeL), dirigé par Aliou Bah.
D’entrée, le ton est posé, réfléchi. L’annonce n’a rien d’un coup de tête, insiste-t-il. Elle est l’aboutissement d’un cheminement personnel et politique, nourri par l’expérience d’APG, aujourd’hui mis en veille faute d’agrément administratif. « On ne s’engage pas pour attendre indéfiniment », martèle-t-il devant un auditoire attentif. Pour lui, l’absence de reconnaissance légale de son mouvement a agi comme un révélateur, l’obligeant à repenser son cadre d’action sans renoncer à ses convictions.
Dans son propos, Ibrahima Kalil Diallo déroule une lecture sans concession des défis guinéens : démocratie en construction, gouvernance contestée, justice attendue, cohésion sociale fragile, jeunesse en quête d’horizons. Autant d’enjeux qui, selon lui, ne peuvent être « mis entre parenthèses ». Il rejette toute accusation d’opportunisme et revendique un engagement ancré dans la durée, fondé sur la pédagogie politique et la responsabilité collective.
C’est dans ce contexte qu’il dit avoir trouvé, au MoDeL, un point de convergence. Doctrine démocratique libérale, primauté des libertés, respect de l’État de droit et des institutions : autant de repères qu’il affirme partager avec la formation d’Aliou Bah. Le leader du MoDeL, actuellement détenu à la Maison centrale de Conakry après une condamnation pour diffamation à l’encontre du chef de l’État, a d’ailleurs occupé une place centrale dans son intervention. Sans détour, Ibrahima Kalil Diallo a plaidé pour sa libération, estimant qu’Aliou Bah incarne « une alternative crédible, cohérente et rassurante » pour la Guinée et doit pouvoir contribuer librement au débat public.
L’adhésion annoncée se veut, selon ses mots, humble et sans calcul. « Je ne viens ni pour imposer une vision, ni pour réclamer une position », assure-t-il, saluant au passage la résilience des militants du MoDeL qui maintiennent le parti actif malgré l’absence de leur leader. Il dit venir pour apprendre, partager son expérience et participer à la construction d’une offre politique qu’il juge sérieuse et crédible.
En conclusion, Ibrahima Kalil Diallo s’est adressé directement aux citoyens, en particulier à ceux qui aspirent à un engagement politique apaisé et tourné vers l’avenir. Son appel est clair : rejoindre le MoDeL, non pas « contre les autres », mais « pour la Guinée ». Une nouvelle étape pour l’ancien journaliste, désormais pleinement engagé dans l’arène politique, convaincu que l’espoir et la confiance se reconstruisent par la clarté des idées, la fidélité aux valeurs et le respect des citoyens.
Amadou Diallo






































