Conakry. La publication des résultats préliminaires du quatrième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-4) a pris, ce mercredi 25 février, des allures d’acte fondateur. À la tribune, le ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé, a placé la statistique publique au cœur de la refondation de l’État.
Organisée par l’Institut national de la statistique (INS), sous la tutelle du ministère du Plan, la cérémonie s’est tenue à Conakry sous la présidence du Premier ministre, Amadou Oury Bah.
La donnée comme socle de gouvernance
Dans son allocution, Ismaël Nabé a insisté sur la portée stratégique de l’événement, au-delà de la simple publication de chiffres.
« Gouverner sans données fiables, c’est avancer sans vision », a-t-il déclaré, soulignant que le RGPH-4 s’inscrit dans une volonté politique de bâtir « un État moderne, qui décide sur la base des faits, planifie avec rigueur et agit avec efficacité au service de ses citoyens ».
Pour le ministre, « le développement durable commence par la connaissance précise de son peuple, de ses territoires et de ses dynamiques sociales et économiques ». Il voit dans cette opération un jalon majeur vers un « État stratège, performant et tourné vers l’avenir ».
Une « rupture qualitative »
Ismaël Nabé a également mis en avant les innovations introduites dans cette édition du recensement. Pour la première fois, a-t-il expliqué, les technologies numériques ont été mobilisées à toutes les étapes du processus, garantissant davantage de transparence, de sécurité et de rapidité dans la production des données.
Il a par ailleurs souligné l’accompagnement d’experts internationaux, venu renforcer la crédibilité méthodologique de l’opération, ainsi que la réalisation d’une enquête post-censitaire rigoureuse destinée à évaluer la couverture et la fiabilité du dénombrement, conformément aux standards internationaux.
Selon lui, ces résultats préliminaires constituent « un point de départ » pour mieux planifier les infrastructures, orienter les politiques sociales et anticiper les besoins en éducation, santé, emploi et aménagement du territoire. « Une nation qui connaît sa population est une nation qui maîtrise son destin », a-t-il martelé.
Une mobilisation nationale saluée
Le ministre a salué une mobilisation collective « exemplaire » : organes de gouvernance du recensement, autorités administratives, religieuses et coutumières, mais aussi plus de 22 000 agents de terrain – femmes et jeunes en grand nombre – qui ont sillonné villes et campagnes pour collecter les données.
Il a également rendu hommage à ses prédécesseurs pour la continuité de l’action engagée, tout en exprimant sa reconnaissance aux partenaires techniques et financiers, notamment la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, l’UNFPA et l’UNICEF, pour leur appui constant.
Vers une gouvernance fondée sur l’évidence
Au-delà du RGPH-4, le ministère entend poursuivre d’autres chantiers structurants, dont le premier recensement général des entreprises et l’actualisation de l’indice des prix, afin de renforcer la surveillance économique et mieux protéger le pouvoir d’achat des populations.
« Nous passons d’une gouvernance fondée sur l’intuition à une gouvernance fondée sur l’évidence », a affirmé Ismaël Nabé. Pour lui, la statistique publique n’est plus une simple fonction administrative, mais « un pilier de la souveraineté nationale et du développement durable ».
« Compter sa population, ce n’est pas seulement produire des statistiques. C’est reconnaître chaque citoyen et donner à l’État les moyens de mieux servir la nation », a-t-il conclu.
Marliatou Sall






































