La guerre s’intensifie au Liban. L’armée israélienne multiplie depuis jeudi ses frappes aériennes, visant notamment la banlieue sud de Beyrouth et plusieurs localités du sud du pays, bastions du Hezbollah.
La situation a basculé dans la panique après un appel inédit de Israël demandant aux habitants d’évacuer immédiatement toute la banlieue sud de Beyrouth, où vivent des centaines de milliers de personnes. Les habitants ont fui précipitamment, redoutant des bombardements massifs.
Depuis lundi, le bilan humain ne cesse de s’alourdir. Selon les autorités libanaises, au moins 78 personnes ont été tuées et près de 500 blessées dans les frappes israéliennes. Jeudi, quatre membres d’une même famille ont péri dans une attaque dans le sud du Liban.
Les raids se multiplient sur l’ensemble du territoire. Dans la nuit du 4 au 5 mars, un appartement du camp palestinien de Beddaoui, dans le nord du pays, a été ciblé, tuant un responsable du Hamas et son épouse. Des drones ont également frappé une voiture près de Zahlé, dans la plaine de la Bekaa, faisant deux morts.
Parallèlement aux bombardements, des accrochages au sol opposent des soldats israéliens à des combattants du Hezbollah dans plusieurs localités frontalières. L’armée israélienne évoque la création d’une zone tampon le long de la frontière.
Dépassées par l’ampleur de l’offensive, les autorités libanaises ont ordonné à l’armée de se retirer de plusieurs positions au sud du fleuve Litani. Sur le plan humanitaire, près de 90 000 déplacés ont déjà été pris en charge et hébergés dans des écoles publiques.
Sur la scène diplomatique, le président Joseph Aoun a réaffirmé son rejet de toute zone tampon israélienne lors d’une rencontre avec les ambassadeurs du groupe international dit « Quintet », composé notamment des États-Unis, de la France, de l’Égypte, de l’Arabie saoudite et du Qatar.
De son côté, l’ONG Human Rights Watch estime que les appels à évacuer certaines zones pourraient « violer les lois de la guerre ». Pendant ce temps, la population libanaise continue de fuir les zones ciblées, craignant une escalade militaire de grande ampleur au Moyen-Orient.
Avec la Rfi






































