Le coordinateur du Forum des forces sociales de Guinée, Abdoul Sacko, tire la sonnette d’alarme face à ce qu’il décrit comme une fuite croissante des cadres guinéens vers l’étranger. Selon lui, ce phénomène s’accompagne souvent du départ des familles, révélant un climat d’incertitude et de crainte au sein de certaines élites du pays.
D’après l’activiste, cette tendance traduirait un décalage entre les espoirs suscités par le changement de pouvoir intervenu lors du Coup d’État du 5 septembre 2021 en Guinée et la perception actuelle de la gouvernance.
« De plus en plus de Guinéens fuient le pays : des entrepreneurs, des universitaires, des magistrats, des artistes et même des militaires », a-t-il déclaré.
Pour Abdoul Sacko, ce mouvement serait révélateur d’un sentiment d’insécurité politique et sociale qui pousse certains citoyens disposant de ressources financières à anticiper un éventuel durcissement du climat national.
« Ceux qui ont les moyens font sortir leurs familles pour les mettre à l’abri », a-t-il ajouté.
L’activiste affirme également que ce réflexe concernerait parfois des personnalités occupant des fonctions publiques importantes. « Lorsqu’une personne devient ministre ou directeur et qu’elle en a les moyens, le premier réflexe est de faire sortir sa famille du pays », a-t-il dénoncé.
Au cours de son intervention, le coordinateur du FFSG est également revenu sur les attentes suscitées par la transition politique ouverte après le renversement de l’ancien président Alpha Condé.
Selon lui, l’arrivée au pouvoir des militaires avait initialement nourri un grand espoir au sein de la population.
« Ce coup d’État où des jeunes gens ont déclaré vouloir rectifier les erreurs commises depuis l’indépendance avait suscité de l’espoir. Mais au lieu de consolider les acquis démocratiques et de renforcer les dynamiques de réconciliation nationale, cette gouvernance se transforme aujourd’hui en une aggravation des fractures mémorielles », a-t-il estimé.
À travers ces déclarations, Abdoul Sacko met en lumière les inquiétudes d’une partie de l’opinion publique quant à l’évolution de la situation politique et sociale en Guinée, tout en appelant implicitement à des réformes capables de restaurer la confiance et de renforcer la stabilité nationale.
Aziz Camara




































