Dans un système de santé encore confronté à de profondes fragilités, chaque déplacement ministériel est attendu comme un signal. La visite de la ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Khaïté Sall, au CMC Mère et Enfant Bernard Kouchner de Coronthie, s’inscrit dans cette logique : celle d’un volontarisme affiché face aux réalités souvent difficiles du terrain.
À l’approche de la campagne nationale de rattrapage vaccinal, la ministre est venue constater de visu les conditions de prise en charge des patients, tout en échangeant avec les équipes médicales. Un exercice devenu indispensable dans un pays où les défis sanitaires restent nombreux et où les attentes des populations demeurent fortes, particulièrement en matière de santé maternelle et infantile.
En procédant symboliquement à l’administration des premières doses de vaccin, Khaïté Sall a voulu rappeler une évidence souvent négligée : la prévention demeure le premier rempart contre les crises sanitaires. Mais au-delà du symbole, ce sont des décisions concrètes qui ont été annoncées.
Parmi les mesures immédiates figurent la dotation de l’établissement en une ambulance et l’installation d’un incinérateur conforme aux normes sanitaires, deux équipements essentiels pour améliorer la chaîne de soins et la gestion des déchets biomédicaux. À cela s’ajoutent des instructions fermes sur le renforcement des règles d’hygiène ainsi que sur le respect strict des tarifs réglementés et des gratuités prévues par l’État.
Des annonces qui traduisent une volonté de remettre de l’ordre dans un secteur souvent critiqué pour ses dysfonctionnements, mais qui devront désormais se mesurer à l’épreuve de leur application effective.
Car au-delà des déclarations d’intention, la véritable question reste celle de la durabilité des réformes engagées. Entre manque d’infrastructures modernes, insuffisance d’équipements et difficultés d’accès aux soins pour les couches les plus vulnérables, le chantier de la santé publique guinéenne reste immense.
En réaffirmant son engagement à garantir des soins de qualité à chaque mère et à chaque enfant, la ministre pose les bases d’une ambition légitime. Reste maintenant à transformer ces promesses en résultats tangibles. Car en matière de santé publique, ce ne sont pas les discours qui rassurent les populations, mais bien l’amélioration réelle des services dans les hôpitaux.
L’urgence sanitaire, elle, n’attend pas.
Abdoul Chaolis Diallo


































