Il aura suffi d’un regard présidentiel pour faire naître un espoir. À Dixinn Gare, où pendant des années les jeunes ont appris à jouer au football les pieds dans la poussière et le cœur rempli de rêves, le décor pourrait bientôt changer. Le terrain mythique du quartier, symbole d’une passion populaire entretenue malgré le manque de moyens, s’apprête à connaître une transformation majeure.
Sur instruction du président de la transition, Mamadi Doumbouya, cet espace devrait être converti en une infrastructure sportive moderne dotée d’une pelouse synthétique, marquant ainsi une volonté affichée de rapprocher les équipements sportifs des communautés de base.
Pour matérialiser cette ambition, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Mamadou Cellou Baldé, s’est rendu sur les lieux le 18 mars 2026, accompagné de techniciens et de responsables des infrastructures socio-éducatives. Objectif : évaluer les réalités du terrain et poser les bases techniques d’un projet qui pourrait changer le quotidien sportif de nombreux jeunes.
Cette initiative, selon les autorités, trouve son origine dans une récente visite du chef de l’État dans la zone. Constatant les conditions précaires dans lesquelles évoluent les jeunes footballeurs, il aurait immédiatement donné des instructions pour qu’un terrain digne de ce nom voie le jour.
À Dixinn Gare, cette annonce a été accueillie comme une victoire avant l’heure.
Massivement mobilisés lors de la visite ministérielle, les jeunes du quartier n’ont pas caché leur enthousiasme. Leur porte-parole a rappelé que ce terrain constitue bien plus qu’un simple espace de jeu : il est un véritable vivier où se croisent équipes de quartier, centres de formation informels et académies qui encadrent les premiers pas de futurs talents.
Derrière ce projet, les habitants voient aussi un signal politique : celui d’un investissement dans la jeunesse comme levier de stabilité sociale et d’espoir.
Car dans un pays où le football reste l’un des rares ascenseurs sociaux accessibles, moderniser un terrain de quartier, c’est aussi offrir une chance supplémentaire à une génération qui ne demande qu’un cadre pour exprimer son potentiel.
Si le projet se concrétise, Dixinn Gare pourrait ainsi devenir un exemple de ce que peut produire une politique sportive de proximité : moins d’improvisation, plus d’encadrement, et peut-être demain, l’éclosion de nouveaux talents capables de porter haut les couleurs du football guinéen.
Au-delà du béton et du gazon synthétique, c’est donc un message qui se dessine : les rêves des quartiers populaires méritent aussi des infrastructures à la hauteur de leurs ambitions.
Aziz Camara



































