Et si la Guinée cessait enfin de subir son retard scientifique pour en faire un levier de puissance ? À travers sa feuille de route 2026, Diaka Sidibé affiche une ambition claire : faire de la recherche un véritable moteur de développement, et non plus un simple slogan institutionnel.
Le ton est donné : 2026 sera celui du passage à l’action. Avec le lancement du Programme de recherche à impact pour la Guinée (PRIG 2026-2028), le ministère entend orienter les efforts scientifiques vers des secteurs stratégiques – agriculture, santé, énergie, environnement ou mines. Une approche pragmatique qui rompt avec des années de recherche déconnectée des réalités nationales. À cela s’ajoute le projet UNIV’ Lab, censé moderniser des laboratoires souvent laissés à l’abandon.
Mais au-delà des annonces, une question persiste : la Guinée a-t-elle les moyens de cette ambition ? Car transformer la recherche en outil de développement suppose des financements durables, une gouvernance rigoureuse et, surtout, une rupture avec les pratiques bureaucratiques qui ont longtemps freiné l’innovation.
Sur le front de l’employabilité, la ministre tente également de corriger une autre faille structurelle : des diplômés souvent sans débouchés. Cartographie des compétences, stages obligatoires, modules entrepreneuriaux… autant de mesures qui visent à rapprocher l’université du marché du travail. Là encore, l’intention est salutaire, mais sa mise en œuvre sera déterminante.
Enfin, la réforme s’attaque à un chantier sensible : la gouvernance. Contrats de performance, audits annuels, inspections renforcées… Diaka Sidibé promet d’instaurer une culture de résultats. Une révolution silencieuse dans un système longtemps marqué par l’opacité et l’inefficacité.
Reste à savoir si cette volonté politique résistera à l’épreuve du terrain. Car en Guinée, les réformes ambitieuses ne manquent pas ; ce sont leurs résultats qui font souvent défaut. La science peut-elle enfin devenir une priorité nationale tangible ? L’année 2026 s’annonce comme un test grandeur nature.
Saliou Keita


































