La nuit a parlé. Et avec elle, un premier verdict politique. En publiant, tard dans la soirée du 16 avril, la liste provisoire des partis retenus pour les élections législatives du 31 mai, la Direction Générale des Élections (DGE) a lancé bien plus qu’un simple processus administratif : elle a enclenché une nouvelle séquence décisive de la vie démocratique guinéenne.
Derrière les chiffres et les tableaux, une réalité s’impose. Sur 28 formations politiques en lice, 21 ont franchi l’étape du premier tri. Un filtre qui, à en croire Djénabou Touré, s’est voulu à la fois rigoureux et pragmatique. Dossiers incomplets, candidatures multiples, anomalies diverses : la DGE a joué la carte de la régulation plutôt que de l’exclusion brutale, privilégiant les corrections aux disqualifications systématiques.
Mais au-delà de la mécanique électorale, c’est la cartographie politique du pays qui se dessine. Cinquante circonscriptions, dont 33 préfectures, les 13 communes de Conakry et quatre zones pour la diaspora : la Guinée électorale s’étend désormais bien au-delà de ses frontières, intégrant ses citoyens de l’extérieur dans un jeu démocratique élargi.
Autre signal, plus subtil mais non moins stratégique : la question de la parité. En insistant sur le respect des quotas féminins dans les listes à la proportionnelle, la DGE tente de corriger un déséquilibre structurel. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : certains partis flirtent avec les 50 % de représentation féminine, signe d’une évolution progressive des mentalités politiques, même si l’équilibre parfait reste encore à conquérir.
Reste que cette liste n’est qu’une étape. Provisoire. Suspendue au verdict final de la Cour suprême, véritable arbitre de cette phase préélectorale. C’est elle qui dira, en dernier ressort, qui pourra réellement prétendre aux suffrages des Guinéens.
Car au fond, la question n’est pas seulement de savoir quels partis sont retenus. Elle est de savoir si ces élections tiendront leurs promesses : celles d’un scrutin crédible, inclusif et transparent. Dans un contexte où la confiance dans les institutions reste fragile, chaque décision de la DGE sera scrutée, interprétée, parfois contestée.
Une chose est sûre : la course est lancée. Et désormais, les états-majors politiques n’ont plus le luxe de l’attente. Entre stratégies d’alliance, mobilisation des bases et bataille de communication, les prochaines semaines s’annoncent décisives.
La DGE a ouvert la porte. Reste à savoir qui saura vraiment franchir le seuil… et convaincre un électorat plus exigeant que jamais.
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Saliou Keita


































