La saison des pluies continue d’endeuiller des familles guinéennes. À Balaya, dans la commune rurale de Dionfo, un drame d’une rare brutalité s’est produit lorsqu’un couple a été frappé mortellement par la foudre alors qu’il se reposait sous la terrasse de son domicile. Leur jeune fils de cinq ans, grièvement blessé, a miraculeusement survécu après une évacuation d’urgence vers l’hôpital régional de Labé.
Ibrahima Diallo, 52 ans, et son épouse Mari Bah, 38 ans, venaient de rentrer du marché hebdomadaire de Dionfo. Comme des milliers de familles en Guinée, ils pensaient être à l’abri chez eux. Mais en quelques secondes, un violent éclair a transformé un moment de tranquillité en tragédie. La foudre ne laisse souvent aucune chance. Elle frappe sans prévenir, rappelant avec une violence implacable que les phénomènes météorologiques méritent une vigilance permanente.
Ce drame ne doit pas être perçu comme une simple fatalité. Chaque année, pendant l’hivernage, des hommes, des femmes et des enfants perdent la vie à cause des orages. Pourtant, de nombreux accidents pourraient être évités grâce à une meilleure information et à l’adoption de gestes simples de prévention.
Lorsque le tonnerre gronde ou que le ciel s’assombrit rapidement, il est fortement recommandé de quitter immédiatement les espaces ouverts. Les champs, les rizières, les terrains de football ou les marchés exposent davantage aux risques de foudroiement. Il est également déconseillé de s’abriter sous un arbre isolé, un pylône électrique ou toute structure métallique, qui peuvent attirer la décharge électrique.
Contrairement à une idée largement répandue, une terrasse ouverte n’offre pas toujours une protection suffisante. Le meilleur refuge reste un bâtiment fermé ou un véhicule entièrement couvert. À l’intérieur d’une maison, il est prudent de s’éloigner des portes et fenêtres, de débrancher les appareils électriques lorsque cela est possible, d’éviter l’utilisation d’appareils branchés au secteur et de ne pas manipuler les installations électriques pendant un orage.
Les activités agricoles, essentielles dans nos campagnes, doivent également être interrompues dès les premiers signes d’un orage. Mieux vaut perdre quelques heures de travail que risquer une vie. Les pêcheurs, les motocyclistes et toutes les personnes se déplaçant en plein air devraient également chercher un abri sécurisé sans attendre que la pluie s’intensifie.
Au-delà de la prudence individuelle, cette tragédie met en lumière la nécessité de renforcer les systèmes d’alerte météorologique et les campagnes de sensibilisation. Les radios communautaires, les autorités locales, les écoles, les leaders religieux et les organisations de la société civile ont un rôle essentiel à jouer pour diffuser les consignes de sécurité jusque dans les villages les plus reculés. Dans les bâtiments publics tels que les écoles, les centres de santé et les administrations, l’installation de paratonnerres devrait devenir une priorité afin de mieux protéger les populations.
Le drame de Balaya laisse derrière lui un enfant désormais orphelin et une communauté profondément meurtrie. Aucune parole ne pourra atténuer la douleur de cette famille. Mais si cette tragédie peut servir d’électrochoc collectif, elle rappellera au moins une vérité essentielle : face aux caprices de la nature, la prévention demeure notre meilleure protection. Une population informée est une population mieux préparée, et chaque vie sauvée grâce au respect des consignes de sécurité constitue une victoire contre l’une des menaces les plus redoutables de la saison des pluies.
Aliou M Baldé






































