Une fois de plus, la route a fauché des vies. Une fois de plus, des familles parties célébrer un moment de bonheur sont revenues dans la douleur et le deuil. À Péla, à quelques kilomètres de Sangardö, dans la préfecture de Kissidougou, un véhicule de transport a quitté la route ce vendredi 31 juillet 2026, emportant son chauffeur et un passager, tout en blessant plusieurs autres occupants. Le plus révoltant dans ce drame, c’est que tout porte à croire qu’il aurait pu être évité.
Selon les premiers constats des services de la sécurité routière, le véhicule Ford, immatriculé AN 35 25 03, qui convoyait des passagers de Faranah vers Meindou pour une cérémonie de mariage, présentait un grave défaut d’entretien. En pleine circulation, l’explosion de la roue arrière gauche a provoqué la perte de contrôle du véhicule avant son immobilisation partielle sur la chaussée.
Le témoignage du lieutenant Lamine Théa, commandant adjoint de la sécurité routière de Kissidougou, est sans équivoque. Les victimes avaient déjà été évacuées vers l’hôpital préfectoral lorsqu’il est arrivé sur les lieux, tandis que les deux corps sans vie reposaient encore dans la position de l’accident. Son diagnostic est sans appel : le manque d’entretien du véhicule est à l’origine de cette tragédie.
Ce drame ne doit pas être réduit à une simple rubrique de faits divers. Il met en lumière un problème structurel qui continue de coûter des dizaines de vies chaque année en Guinée. Combien de véhicules circulent quotidiennement avec des pneus usés, des systèmes de freinage défectueux ou des pièces mécaniques arrivées en fin de vie ? Combien d’engins échappent aux contrôles techniques ou continuent de transporter des passagers malgré des défaillances évidentes ?
La responsabilité est collective. Elle incombe aux transporteurs qui privilégient parfois la rentabilité au détriment de la sécurité, aux propriétaires de véhicules qui repoussent les opérations d’entretien pour économiser quelques francs, mais aussi aux services chargés du contrôle, dont les inspections doivent être plus rigoureuses et systématiques.
Les campagnes de sensibilisation, aussi utiles soient-elles, ne suffisent plus. Elles doivent être accompagnées de sanctions exemplaires contre les contrevenants et d’un renforcement effectif des contrôles techniques. Car lorsqu’un véhicule défectueux prend la route, il devient une menace pour tous les usagers.
À Kissidougou, deux familles pleurent aujourd’hui leurs proches tandis que plusieurs blessés poursuivent leur prise en charge à l’hôpital préfectoral. Leur douleur rappelle une évidence que l’on semble trop souvent oublier : derrière chaque accident de la circulation se cachent des vies brisées, des rêves interrompus et des familles à jamais marquées.
Il est temps que la sécurité routière cesse d’être une préoccupation ponctuelle après chaque drame. Elle doit devenir une priorité nationale. Car aucune célébration ne devrait se transformer en cortège funèbre à cause d’une négligence mécanique qui aurait pu être évitée.
Algassimou L Diallo





































