L’Irak a été le théâtre, dans la nuit du mardi 28 au mercredi 29 juillet, d’une opération militaire inédite. Pour la première fois, l’Arabie saoudite et les États-Unis ont revendiqué une intervention conjointe contre plusieurs positions des Forces de mobilisation populaire (FMP), une coalition d’anciennes milices aujourd’hui intégrées aux forces de sécurité irakiennes.
Selon des sources militaires locales, plusieurs bases situées notamment dans la province de Mossoul ont été visées par des frappes aériennes de grande ampleur. Le commandement d’une des brigades ciblées fait état d’au moins une vingtaine de morts, un bilan qui n’a toutefois pas encore été confirmé officiellement par les autorités irakiennes.
Les frappes se sont également étendues à d’autres régions du pays, marquant une escalade sécuritaire majeure dans un contexte régional déjà extrêmement tendu.
Riyad invoque une riposte aux attaques de drones
Dans un communiqué, le ministère saoudien de la Défense, appuyé par le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), a justifié cette opération comme une réponse à plusieurs attaques de drones qui auraient été lancées depuis le territoire irakien au cours des trois derniers jours. Selon Riyad, ces engins visaient des infrastructures pétrolières stratégiques du royaume.
Les autorités saoudiennes affirment que cette intervention est une mesure défensive destinée à neutraliser les menaces sans provoquer une nouvelle spirale de violence dans la région.
Une souveraineté irakienne mise à l’épreuve
Sur le terrain politique, ces frappes suscitent déjà de vives réactions. Plusieurs responsables irakiens dénoncent une atteinte à la souveraineté nationale, tandis que le gouvernement de Bagdad se retrouve confronté à une équation sécuritaire de plus en plus complexe.
Le Premier ministre irakien a convoqué en urgence un Conseil de sécurité afin d’évaluer la situation. Cette offensive intervient alors que l’exécutif tente d’imposer, d’ici au 30 septembre, le désarmement des différentes factions armées, un projet fortement contesté par les groupes proches de l’Iran, farouchement opposés au maintien de la présence militaire américaine en Irak.
Cette nouvelle crise pourrait également compromettre les efforts diplomatiques engagés entre Bagdad et Riyad. Le chef du gouvernement irakien devait en effet effectuer, le jeudi 30 juillet, une visite officielle en Arabie saoudite afin de renforcer la coopération économique entre les deux pays. Les frappes risquent désormais d’assombrir les perspectives de ce rapprochement et d’alimenter davantage les tensions au Moyen-Orient.
Avec la Rfi





































