La capitale ukrainienne a de nouveau été frappée par une violente attaque de missiles balistiques dans la nuit de vendredi à samedi. Au moins neuf personnes ont perdu la vie et 28 autres ont été blessées, selon un bilan communiqué par le maire de Kiev, Vitali Klitschko. Cette nouvelle offensive intervient alors que l’Ukraine presse ses alliés de renforcer sa défense antiaérienne face à l’intensification des frappes russes.
Les missiles ont touché plusieurs quartiers de la capitale, provoquant d’importants dégâts matériels et de nombreux incendies. Les services de secours ukrainiens indiquent que cinq arrondissements ont été affectés.
Dans le district de Solomiansky, deux personnes ont été tuées après qu’un immeuble résidentiel de cinq étages a été partiellement détruit avant de s’embraser. À Darnytsky, où sept victimes ont été recensées, un bâtiment administratif a notamment été ravagé par un incendie.
Des habitants décrivent des scènes de désolation. L’onde de choc a soufflé les fenêtres de plusieurs immeubles et semé la panique parmi les riverains, certains évoquant la présence de corps dans les rues alors que les habitants tentaient de rejoindre les abris les plus proches.
Moscou revendique des frappes ciblées
Le ministère russe de la Défense affirme que les frappes visaient exclusivement des objectifs militaires. Selon Moscou, les missiles de « haute précision » ont ciblé des entreprises du complexe militaro-industriel ukrainien ainsi que des centres logistiques destinés au soutien des forces de Kiev.
Cette attaque s’inscrit dans une série de bombardements meurtriers. La veille, huit personnes, dont six membres d’une même famille, avaient été tuées près de Kryvyï Rig. Deux autres civils ont également perdu la vie dans des frappes à Kiev et à Poltava.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé que, d’après les premières informations disponibles, le missile balistique ayant détruit une habitation familiale près de Kryvyï Rig était de fabrication nord-coréenne.
Kiev insiste sur l’urgence d’un renforcement de sa défense aérienne
Face à la multiplication des attaques, les autorités ukrainiennes appellent leurs partenaires occidentaux à accélérer leurs livraisons d’équipements de défense.
« L’Ukraine a un besoin urgent de systèmes supplémentaires de défense antiaérienne et antimissile, ainsi que d’intercepteurs. La rapidité des décisions et des livraisons est cruciale », a déclaré sur le réseau social X le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga.
Au cœur des discussions figurent les systèmes Patriot, considérés comme les seuls capables d’intercepter efficacement les missiles balistiques russes.
Donald Trump reste prudent sur les systèmes Patriot
La question des Patriot demeure toutefois suspendue à une décision de Washington. Le président américain Donald Trump, qui avait évoqué début juillet la possibilité d’autoriser l’Ukraine à produire localement ces systèmes de défense, affiche désormais davantage de réserve.
S’exprimant devant la presse à l’issue d’un Conseil des ministres, il a confirmé que Volodymyr Zelensky souhaitait obtenir des batteries Patriot ainsi que des missiles Tomahawk, tout en soulignant que ces équipements représentaient une technologie hautement sensible.
« Nous devons être très prudents avant d’autoriser quiconque à les produire. Nous n’avons pas encore donné notre accord. Les discussions se poursuivent », a déclaré le président américain.
Dans un entretien accordé au Financial Times, Donald Trump avait déjà indiqué ne pas être certain de donner son feu vert à cette production. Pendant ce temps, l’Ukraine fait face à une pénurie croissante de systèmes de défense antiaérienne, une situation aggravée par les tensions internationales et la redistribution des capacités militaires américaines vers d’autres théâtres d’opérations.
Alors que la Russie poursuit l’intensification de ses frappes, la protection du ciel ukrainien apparaît plus que jamais comme un enjeu déterminant pour la sécurité du pays.
Avec Rfi





































